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Full text of "FIFAO 08.2 Cottevieille-Giraudet, Rémy - Rapport sur les fouilles de Médamoud (1930) La Verrerie Les Grafittis (1931)"

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SOUS LA DIRECTION DE M. PIERRE JOUGUET 


RAPPORTS PRÉLIMINAIRES 


TOME HUITIEME 


DEUXIEME PARTIE 


MÉDAMOUD 


LA VERRERIE - LES GRAFFITI 

PAR 

RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET 


LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 

D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 


1931 

Tous droits de reproduction réservés 









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DEUXIÈME PARTIE 


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RAPPORT 

SUK 

LES FOUILLES DE MÉDAMOUD 

( 1930 ) 


LA VERRERIE - LES GRAFFITI 

PAR 

RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET 



LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 
D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 


1931 


Tous droits de reproduction réservés 




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AVERTISSEMENT. 


Le présent rapport est consacré à deux études de détail n’ayant d’ailleurs aucun 
lien entre elles : la première partie a trait à la verrerie alexandrine, dont bon nombre 
de fragments ont été trouvés dans les fouilles de Médamoud ; la seconde partie est la 
publication in extenso des graffiti du temple, dont les plus anciens remontent au 
Moyen Empire et dont les plus récents ne datent cjue de l’époque arabe. 

R. G.-G. 


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RAPPORT 


SUR 

LES FOUILLES DE MÉDAMOUD 

(1930) 

PAR 

RÉMY C OTTE VIEILLE- GIR AUDET. 


PREMIÈRE PARTIE. 

LA VERRERIE ALEX ANDR1NE DE MÉDAMOUD 

(HAUTE-ÉGYPTE.) 

La verrerie livrée par les fouilles de Médamoud (iq25-iq3o) provient d etablis- 
sements datant de l’époque romaine et plus souvent de l’ère copto-byzantine. Une 
grande partie fut tirée du remblai d’alluvions et de détritus sous lequel le temple 
ptolémaïque était enfoui jusqu’à la mi-hauteur des quelques colonnes qui soient 
restées intactes (fig. 1 ). Distinguer entre ce qui remonte à l’époque romaine ou seu- 
lement à l’époque copte n’offre aucune utilité immédiate, la verrerie des deux épo- 
ques étant la même. Au surplus, l’état pitoyable dans lequel nous est parvenue celle 
de Médamoud (fig. 2 et 3) — aucune pièce n’est absolument intacte — ne permet 
qu’une étude très générale. Cependant, si parmi les quelques centaines de débris dont 
elle se compose la plupart n’ont aucun intérêt, il nous a paru instructif de reconsti- 
tuer ceux qui étaient les moins abîmés W, parce qu’il est possible grâce à eux de se 
faire une idée de la verrerie couramment utilisée en Haute— Egypte dans les piemiers 
siècles de notre ère' 2 ). Aussi, après avoir classé les morceaux de verre en plusieurs 

(>) On les trouvera inscrits sur le registre d’inventaire de la fouille sous les numéros suivants : 18 , 36, 
56, 9 3, 9 4, 109 , 765 , io55, io63, 1698 , 34a8 lis, 34a 9 «*, 3446 bis, 5 2 o 7 . Plusieurs de ces numéros 
désignent tout un lot de fragments. 

( 2 ) Nous ne connaissons aucun travail d’ensemble sur cette question ; c est surtout le Fayoum et la Basse- 
Égypte (Alexandrie) qui, jusqu’à présent, ont livré la plupart des belles verreries romaines et copies des 
musées. Cf. Edgar, Graeco-egyptian glass, dans le Catalogue général des Antiquités égyptiennes du Musée du 
Caire. 

Fouilles de l’Institut, t. VIII, 2. 1 


2 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


catégories (fonds, bords, pieds, anses, goulots, etc.) et reconnu à quel genre d’objet 
chaque série appartenait (verres, coupes, bouteilles, flacons, lampes, etc.) , nous avons 
essayé de restaurer les formes entières. Dans cet ingrat travail de reconstitution, la 



Fig. — Une vue du temple de Montou à Médamoud pendant l’inondation. 


critique des fragments dont nous disposions ne suflit pas toujours : l’examen des pièces 
de verrerie similaires que l’antiquité a daigné léguer à nos musées nous fut du plus 
grand secours b b Nous étudierons encore la verrerie de Médamoud sous les rapports 
des matières employées, du travail et de l’ornementation. L appellation de verrerie 
alexandrine, pour désigner la verrerie égyptienne à partir des Ptolémées, est à notre 
avis préférable à celle de gréco-égyptienne : aussi l’emploierons-nous au cours de ce 
travail. 


* 

'R .R 

Sous le rapport de la fabrication, nous avons deux qualités de verre : un verre 
commun et un verre fin diversement coloré. Le verre commun, qui ressemble à 
notre verre à bouteille d’aujourd’hui, est un silicate complexe de soude, de chaux, 

(, i Spécialement la verrerie de Kôm Ouchim (Fayoum), au Musée du Caire. 


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FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

d’alumine, de magnésie, de potasse et de fer (1) . Le sable jaune du désert, imprégné 
d’oxyde de fer, en fournissait la silice, l’alumine, la magnésie et le fer; la soude 
était tirée du natron, combinaison de carbonate et de bicarbonate de soude natifs, 



Fig. 2. — Verrerie alexandrine trouvée dans les fouilles de Médamoud. 


exploité très anciennement dans les gisements du VVadi Natron* 2 '; enfin, les sels de 
potasse et de chaux étaient contenus dans les cendres de végétaux dont on introduisait 
une plus ou moins grande quantité dans le mélange à fondre. Ce verre, légèrement 
verdâtre sous une faible épaisseur, a une cassure nettement verte due au silicate d’o- 
xvde de fer. Nous avons également quelques échantillons d’un verre commun plus 

C) A titre d’exemple, voici l’analyse détaillée d’un verre Alexandrin : 


Silice 6o,i4 

Oxyde de 1er et alumine 3,8 2 

Chaux 5 ,i3 

Magnésie 1 ’ 02 

Oxyde de manganèse 1 » 1 ^ 

Alcalis 28 , 65 


99> 8 9 


(d'après H. D. Parodj, La verrerie en Egypte, .Le Caire, 1908). 

(2) Le Wadi Natron est situé au Nord du désert libyque (fig. 4). Sur l’analyse chimique du Natron, dans 
lequel entrent également le chlorure et le sulfate de soude, consulter A. Lucas, Natural Soda deposils in 
Egypl (Survey department paper, n° 22, Cairo, 1912). On a traité le verre dans le Wadi Natron meme; cf. 
l’atelier de verrier qu’y découvrit l’Expédition d’Egypte. 




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RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


blanc, obtenu avec un sable blanc ou peu ferrugineux, ou plutôt décoloré par le mé- 
lange (fortuit?) de sable imprégné de peroxyde de manganèse W. Le verre commun 
servait à fabriquer la verrerie la plus courante, bols et verres à boire, vaisselle, 
carafons, etc. 



Fig. 3. — Verrerie alexandrine trouvée dans les fouilles de Médamoud. 


Le verre fin , dont la composition ressemble sans doute beaucoup à celle du verre 
commun, avait néanmoins une fabrication plus soignée et vraisemblablement un 
meilleur dosage des matières premières. En effet, nous avons constaté que le verre 
fin s’était admirablement conservé, malgré l’enfouissement de près de deux mille 
ans dans le sol humide de Médamoud, tandis que la pâte du verre commun s’y était 
altérée au point de tomber en paillettes irisées. On sait que l’irisation est un signe de 
décomposition, produite par l’action prolongée de l’humidité du sol chargée d’acide 
carbonique sur un verre contenant un excès d’alcali. Tous les verres fins étaient en 
outre colorés par des oxydes métalliques, suivant des procédés dont nous ignorons les 
détails. Ils servaient à fabriquer des coupes de formes variées, des fioles, des vases, 
des veilleuses de lampes; le chatoiement des colorations était du plus bel effet. 

Le plus courant des verres colorés trouvés à Médamoud est d’un beau jaune-vert 
chaud. Son colorant étant à base d’oxyde de fer, on dut utiliser pour sa fabrication 
un sable assez rouge , fortement imprégné d’oxyde de fer et vraisemblablement d’un 

(J) Le peroxyde de manganèse, appelé savon des verriers , a la propriété de transformer le silicate de pro- 
toxyde de fer, de couleur veut foncé, en silicate de sesquioxyde, à peine coloré. Mais il faut que le manganèse 
soit bien dosé, sinon il se ferait du silicate de manganèse et le verre prendrait une coloration violette. 


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FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

peu de peroxyde de manganèse. Vient ensuite, dans l’ordre d’importance, un très 
beau verre jaune-orangé. Cette couleur est due au mélange du peroxyde de man- 
ganèse avec un grand excès de peroxyde de fer. Ce verre s’apparente donc au précé- 
dent; mais comme il y a davantage de manganèse, c’est un sable plus manganésifère 
que ferrugineux qui est entré dans sa composition 

On a par ailleurs un verre vert-foncé, très dur, utilisé surtout dans la décoration 
des veilleuses et la confection de certains bracelets : c’est un silicate de protoxyde de 
fer; puis un échantillon de verre bleu-vert qui, outre le fer et la soude, contient 
peut-être des traces de bioxyde de cuivre (?) On a également un morceau d’une 
grosse perle en verre bleu clair, dont la surface Altérée par le temps est tachée de 
plaques rouges : bien que l’analyse au chalumeau ne permette pas d’y déceler le 
cuivre, il y a tout lieu de penser, avec M. A. Lucas à qui nous la montrâmes, que 
la coloration bleu clair est due à des traces de cuivre. Les taches rougeâtres superfi- 
cielles seraient produites par l’oxyde rouge Cu 2 0( 2 l La verrerie de Kom-Ouchim 
comporte également du verre violacé, teinté au peroxyde de manganèse : nous n’en 
avons pas rencontré à Médamoud. 

Mais le triomphe en verre coloré de cette époque est certainement ce verre bleu 
dont nous avons quelques fragments, et qui, sous une certaine épaisseur, prend la 
magnifique coloration bleu velours des saphyrs brimans. Il est teinté à l’oxyde de 
cobalt, comme le verre bleu d’aujourd’hui, et comme le sapliyr lui-même. Jusqu’à ces 
derniers temps, on a professé que le verre bleu au cobalt était une découverte des 
Vénitiens de Murano, faite au xv e siècle, et que c’étaient eux qui l’avaient répandu 
de par le monde. Il est beaucoup plus ancien. La coloration bleue des vitraux de nos 
cathédrales, comme celle de la verrerie romaine et gallo-romaine, est due au cuivre 
ou au fer, et si nous remontons à l’Antiquité , il est exact que les premiers verres 
bleus connus, ceux de Beni-IIassan au Moyen Empire, ceux de Tell-el-A marna sous 
la XVIII e dynastie, sont également colorés au cuivre. Cependant, il n’en est pas moins 
vrai que le verre bleu à l’oxyde de cobalt, bien que plus rare, est à peu près aussi 
ancien : dès la XVIII e dynastie on a fait des petits vases teintés au cobalt, et on en 
retrouve sous la XX e dynastie et à l’époque perse. Dans la verrerie alexandrine, le 
cobalt est plus largement employé. De la verrerie bleue au cobalt a encore été trou- 

r r 

vée en Grande-Grèce et en Etrurie; elle provenait d’Egypte : il est surprenant que 
le Latium et le monde romain l’ait ignorée. Le procédé semble s’être perdu après 
l’époque byzantine : A-t-il été réellement réinventé par les Vénitiens, ou a-t-il été 

(1) Sables ferrugineux et manganésifères se trouvent associés dans la nature : on voit souvent superposées 
dans la même sablière des couches jaunes et rouges de sable ferrugineux et des veines violacées de sable 
manganésifère. 

(2) M. A. Lucas eut l’amabilité de contrôler avec nous, par l’analyse au chalumeau, la présence des colo- 
rants métalliques que nous indiquons au cours de ce travail : qu’il trouve ici l’expression de notre vive 
gratitude. 



6 


RÉMY COTTE VIEILLE- G IR AU DET. 


enseigné à l’un de leurs navigateurs par un homme d’Orient qui en avait gardé le 
secret? c’est ce que nous ne saurons jamais. 

S’il est un fait acquis que le verre bleu au cobalt remonte au moins au début du 
Nouvel Empire, l’origine de cette coloration reste pour nous une énigme. A-t-elle été 
créée sur les bords mêmes du Nil , puisqu’il est certain que les Égyptiens sont les plus 
anciens verriers? C’est probable. Malheureusement, il n’y a pas de gisement de cobalt 
en Egypte : c’est à peine si, de nos jours, on a trouvé des traces de cobalt, 1 % environ, 
dans le sulfate d’alumine de l’Oasis de DakhlaO) et de l’oasis de Khargeh (désert 
libyque) (fig. A); il y en aurait également des traces dans les scories(?) de cuivre du 
Sinaï, ainsi que dans le gisement de nickel de l’île de Saint-Jean, dans la Mer 
Ro uget 2 ), probablement inconnu des Egyptiens. Mais ces traces ont été jugées par 
les savants comme inutilisables : s'il y a toujours un peu d’alumine dans le verre bleu , 
rappelons qu’il y en a dans tous les verres égyptiens; par contre, on n’y a jamais 
trouvé la moindre parcelle de nickel. Les gisements de cobalt les plus proches de 
l’Egypte se trouvent en Perse et en Abyssinie; il y en a aussi au Congo Belge, sous 
forme d’arseniate de cobalt et nickel plus ou moins aurifère. Ces derniers rensei- 
gnements ne suffisent pas à éclaircir le problème. En effet , on a signalé des verres 
bleu au cobalt sous la XVIII e dynastie, sous la XX e et à l’époque perse : s’il est pos- 
sible que les verriers de cette dernière époque se soient fourni de cobalt dans quel- 
que gisement de Perse, s’il est possible aussi qu’un gisement de cobalt d’Abyssinie ait 
été connu et exploité anciennement, puisque le collier de perles bleues de la reine 
éthiopienne dont la pyramide a été découverte à Méroé par FerlinU 3 * ) est uniquement 
teinté au cobalt, nous n’en sommes pas plus avancés pour expliquer le cobalt des 
verres de la XVIII e dynastie. A cette époque, le commerce était florissant entre les 
états orientaux et des produits d’exportation circulaient entre eux, mais comme les 
Perses ni les Ethiopiens n’avaient alors de verriers (ils apprirent l’art du verre des 
Egyptiens bien plus tard) ce n’est pas dans leurs pays que put se faire l’invention du 
verre bleu au cobalt; bien plus, rien dans les minerais grisâtres et ternes du cobalt 
ne laissant supposer qu’il suffisait d’en mélanger une infime partie à une pâte vitreuse 
pour lui communiquer le bleu profond du saphyr, les mêmes Perses et les mêmes 
Ethiopiens n’avaient aucune raison de leur attribuer la moindre valeur et de les ex- 
porter. Le cobalt, en Perse et en Abyssinie n’était-il pas en outre allié au nickel? Les 
verriers égyptiens étaient seuls capables, plus de 1 5oo ans avant notre ère, de trouver 
ce nouveau colorant et de savoir l’appliquer : la découverte fut probablement fortuite , 
mais son utilisation nécessitait une pratique perfectionnée des oxydes métalliques. Y 
eut-il en Égypte un filon depuis lors épuisé? c’est bel à dire, plus difficile à prouver. 


(1) Beadnell, Dalchla Oasis, Cairo, 1901. 

( 2 ) F. W. Moon, Preliminary geological report on S * John 9 s Island, Cairo, 1923. 

(3) Ce collier a été acheté par Lepsius avec le mobilier funéraire de la reine éthiopienne pour le Musée 

de Berlin. 


7 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

Plusieurs chimistes ont analysé des verres bleus égyptiens au cobalt, mais malheu- 
reusement leurs résultats ne concordent pas toujours quant au dosage de ce métal. 
Vers 1875, MM. Clemm et Jehn analysèrent des verres au cobalt appartenant au 



Fig. 4. — Les pistes du désert libyque : un important réseau relie la région d’Assiout aux oasis. 

Musée de Berlin : dans une perle de verre, ils trouvèrent jusqu’à 2, 8 A °/ 0 d’oxydule 
de cobalt et o,q 5 °/ 0 dans une autre perle d’un bleu plus elahd 1 ). Plus près de nous, 
M. Parodi, qui a consacré un intéressant ouvrage à l’analyse des verres égyptiens et 
arabes ( 2 ), a trouvé des doses de cobalt n’ayant aucun rapport avec les précédentes : sur 

(1) Lepsius, Les Métaux dans les inscriptions égyptiennes (trad. W. Berend, Paris 1877). Bibliothèque de 
l’École des Hautes* Études, fasc. 3 o, p. 26. 

(2) H. D. Parodi, La verrerie en Egijpte, Le Caire, 1908. 


8 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


quatre vases bleus de l’époque de Thoutmès IV, deux contiennent o ,001 °/ 0 de cobalt 
et les deux autres n’en contiennent que des traces. C’est pourtant cette dose infime 
qui suffit à colorer ces vases en bleu foncé, car on n’y a trouvé par ailleurs ni oxyde 
de cuivre ni autre colorant. Deux verres bleus de Ramsès IV, analysés par le même 
chimiste, ont fourni la même dose de 0,001 °/ 0 de cobalt. Un verre d’époque perse 
n’en fournit que des traces. De cette étude, il résulte qu’il n’a fallu, sinon toujours, 
au moins très souvent, qu’une quantité minime de cobalt pour obtenir des verres 
d’un beau bleu. Le pouvoir colorant du cobalt est connu comme particulièrement actif. 
Sans nier la compétence d’autres chimistes, nous pouvons avoir toute confiance dans 
les analyses de M. Parodi, qui est un spécialiste de l’analyse des verres* 1 ). 

Cette question de pourcentage est de toute importance pour essayer de déceler 
l’origine de la coloration au cobalt. Si M. Parodi avait trouvé des doses similaires à 
celles de M. Clemm, nous n’aurions qu'à abandonner quant à présent cette recher- 
che; mais en présence des chiffres obtenus par M. Parodi, nous pourrons tout au 
moins formuler une hypothèse. On se souvient que le sulfate d’alumine des grandes 
Oasis, Dakhla et Khargeh, contient 1 °/ 0 de cobalt; or, il suffit de faire un simple 
calcul pour trouver que cet 1 % de cobalt est beaucoup plus qu’il n’en faut pour 
fournir la dose des verres égyptiens d’après M. Parodi, soit 0,001 °/ 0 . Ce chiffre 
représente 7^77 de la masse totale, soit 1 gramme de cobalt pour 100 kilogrammes 
de verre fondu. Tous les verres égyptiens contenant de 2 à 5 °/ 0 d’alumine, supposons 
qu’une partie de cette alumine provienne de 1 °/o de sulfate d’alumine cobaltifère 
introduit dans la masse totale : la dose en cobalt se trouve être alors de 0,01 °/ 0 , 
soit 77^; de la masse, soit 10 grammes pour 100 kilogrammes de verre. Il suffirait 
donc, d’après les analyses de M. Parodi d’introduire 0,1 °/ 0 de sulfate d’alumine dans 
le mélange à fondre pour obtenir un verre parfaitement bleu : autrement dit, le 
sulfate d’alumine des Grandes Oasis contiendrait dix fois plus de cobalt qu’il ne serait 
nécessaire * 2 ). 

Si l’on joint à cette constatation de pure chimie quelque argument géographique, 
notre hypothèse pourra peut-être prétendre à la vraisemblance. Le centre de la ver- 
rerie pharaonique se trouve concentré en Moyenne-Égypte plus encore qu’à Tlièbes : 
Beni-Hassan, Tell-el-Amarna. En jetant les yeux sur la carte (fig. à), ne voit-on pas 
que les meilleures pistes qui mènent aux Oasis de Dakhla et de Khargeh, comme 

<‘l Dans l'introduction de son livre, M. Parodi explique tout au long ses méthodes d’analyse; elles sont 
très complètes. 

(2) Comme, d’après les analyses, il y a plus d’alumine additionnée d’oxyde de fer dans les verres cpie dans 
les sables entrant dans leur fabrication, on peut conclure à l’addition d’un sulfate d’alumine : sables = o ,63 °/ 0 
(Achmounein), i, 3 a °/ 0 (Karnak), 1,86 (Fayoum), i,45 °/ 0 (Pyramides); verres = 2,29 °/ 0 , 2,3i°/ 0 , 
9,67 7„, 2,69 V 0 (Thoutmès IV), 3 ,1 3 °/ 0 , 5, 01 °/ 0 (Ramsès IV) (d’après Parodi, cp. ch.). — Quant au 
soufre du sulfate d’alumine, il doit à l’analyse se retrouver : mais comme, nous l’avons vu, le natron utilisé 
dans la verrerie contient du sulfate de soude en proportions variables ( 2 ,65 à h ,69 °/ 0 ) le dosage du soufre 
ne peut guère servir de contrôle. 


9 


FOUILLES DE MÉDAMOUD ( 1930 ). 

aux autres Oasis, rayonnent de la région dAssiout, le grand centre de la Moyenne- 
Égypte dont les princes militaires, dès le Moyen Empire, allaient lever des merce- 
naires dans les villages nègres du Darfour, grâce précisément aux pistes qui passent 
par les Grandes Oasis? 

C’est actuellement ce que nous pouvons proposer de mieux au sujet de l’origine du 
verre bleu au cobalt. Il n’appartient quaux chimistes d affirmer ou d infirmer cette 
hypothèse. 


* 

* * 

Nous porterons maintenant notre effort sur la reconstitution des formes de ver- 
rerie qui ont existé à Médamoud, en étudiant les nombreux fragments qui nous sont 
parvenus* 1 ). 



7, coupe d’un pied de bol (Médamoud). 

(*) Toutes les figures qui vont suivre représentent la verrerie de Médamoud en grandeur naturelle et 
exclusivement en dessins ombrés ; les dessins au trait sont des reconstitutions , et plus souvent des pièces de 
comparaison provenant des musées. 

Fouilles de l’Institut, t. VIII, 2. 3 


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RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


Bols : pieds et f ragments. — Parmi les fragments qui attirent d’abord notre atten- 
tion on distingue les sortes de petits pieds représentés sur la figure 5 (n os 1, 2,3). 
Nous en avons une grande quantité, tous en verre commun. Si l’on se réfère aux 
collections de verrerie, on remarque que ces pieds légèrement côtelés n’appartiennent 
qu’à des formes bien déterminées : bols — c’est le cas le plus fréquent — fioles de 
divers genres P), coupes plates. Le départ des courbures ne laisse aucun doute pour 
les pieds de la figure 5 : il s’agit bien de bols. Quand on voit dans les collections le 
peu d’épaisseur des parois de ces bols, — nous avons beaucoup de morceaux de verre 
courbes qui en proviennent — on comprend quils se soient facilement biisés et que 
seuls les pieds, plus trapus, nous soient restés. La figure 5 , n° 5 , représente un bol 
semblable, au Musée du Caire; les fouilles de Kôm-Ouchim en ont livré de tout 
pareils. Le bord supérieur des bols a été très habilement constitué en repliant vers 
l’extérieur la pâte de verre (fig. 5 , n" s 4 , 6) : comme ce procédé rend les bords 
beaucoup plus résistants que les parois, on en a trouvé également à Médamoud de 
nombreux restes (fig. 5 , n° s Ù, 6). Au point de vue de la technique, on remarquera 
encore que les pieds des bols, non rapportés, ont été directement moulés, puis en- 
foncés : d’où la présence au fond de chaque bol d’un petit culot de verre (fig- 5 , n ° 7 )* 

D’autres pieds, à peu près semblables à ceux-ci, ont pu, dans la verrerie de Mé- 
damoud comme ailleurs, supporter des coupes plates ou des fioles : mais nous n en 
saurons jamais rien. Quant au pied (fig. 5 , n» 8) sensiblement plus grand que les 
autres, l’hypothèse qui nous semble la plus plausible veut qu’il ait appartenu a un 
bol comme les autres, mais de dimension plus grande, comme on en voit dans les 
musées. Pourquoi les pieds des bols sont-il striés d’une manière qui rappelle le bour- 
relet de corde ou de paille sur lequel on posait anciennement les récipients arrondis, 
incapables de se tenir debout? N’en seraient-ils pas la stylisation, puisque le bol est 
par excellence le récipient arrondi ? 

Verres à pied : pieds et fragments. — Après les bols, voici les verres à pied (fig. 6) : 
ils ont subi les mêmes dommages, puisque les pieds, plus épais que les parois, ont 
encore seuls subsisté. La diversité des pieds atteste que les verres étaient de modèles 
variés : il y en avait à pieds plus ou moins hauts et plus ou moins grêles. Nous pour- 
rions, sans grand risque de nous tromper, en reconstituer quelques-uns : il suffirait, de 
prolonger le départ des courbes des fragments i et 2 (fig. 6) pour avoir la silhouette, 
élancée d’ailleurs, des verres qu’ils supportaient (cf. fig. 6, n° îo); par contre, sur le 
pied n° 3, nous pourrions, en conservant l’allure générale et en nous autorisant des 
modèles de Kom-Ouchim, poser un verre d’aspect plus trapu (cf. fig. 6, n° 6). 
Tous ces verres sont en pâte commune. Au point de vue de la technique, les pieds 
et les gobelets étaient fabriqués à part, puis réunis à chaud. On remarquera que 


(*) Cf. : figure a 4 , n» 6. 


11 



FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

tous les pieds des verres trouvés à Médamoud se terminent par un petit bourrelet, 
qui les distingue entre autres de ceux de Kom-Ouchim (fig. 6 , n os 6 et 10). Grâce en 
partie à ce bourrelet, nos verres à pied donnent moins l’impression de fragilité et 


RC 

Fig. 0. Verres à pied : \- h , 8, 9, différentes formes de pieds; 6 et 10, deux verres, Musée du Caire; 

7, pied provenant vraisemblablement d’un verre semblable au n° 5 (n° 5 , Musée du Caire, n û 25 o 5 ). 

d’instabilité que ceux du Fayoum. Sans que nous puissions 1 affirmer, il est possible, 
vu le départ de l’éclat qu’il porte horizontalement, que le pied n° 7 ait soutenu un 
corps de verre semblable à l’exemplaire de Kom-Ouchim (fig. 6, n° 5 ) : les deux 
pieds de verres sont identiques. 

Coupes à boire : pieds, bords, fragments. — On ne buvait pas seulement dans des 
verres à pied : on utilisait des coupes, toutes en verrerie de luxe, comme si dès ces 
époques lointaines on avait l’habitude d’approprier les vases aux crus. Des coupes en 
verre orangé, jaune-verdâtre ou bleu ont été trouvées à Médamoud. Dans la verrerie 


12 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 



Fig. 7 . — Coupes a boire : 1 1 6, les quatre sortes de coupes, Musée du Caire, n os 32633 , 32663 , 32626, 32666 

(l, COUPE BASSE ORDINAIRE; 2, COUPE A PIED; 3, COUPE PLATE; 6 , COUPE PLATE À PIED); 5, PROFILS DE BORDS DE COUPES 
(MÉDAMOüd); 6 ET 7 , MORCEAUX FAISANT PEUT-ÊTRE PARTIE d’une MÊME COUPE; 8 , PIED ET RECONSTITUTION PLAUSIBLE; 11 , 
PROFIL MONTRANT LES DIFFERENCES d’ÉPAISSEUR DANS LES PAROIS d’üNE COUPE (MÉDAMOÜD). 


FOUILLES DE MÉDAMOÜD (1930). 13 

alexandrine , on peut distinguer quatre sortes de coupes : la coupe basse ordinaire, 
la coupe à pied, la coupe plate, la coupe plate à pied (tig. 7, n os 1 à U). La coupe 
ordinaire est le type le plus courant dans la verrerie de Médamoud (fig. 7, n° 6). 
Nous en avons de nombreux et beaux restes, verdâtres, orangés et plus rarement 
bleus. Ces coupes variaient d’allure, de dimensions, et leurs rebords affectaient plu- 
sieurs formes, arrondies ou plates, comme le montrent les profds (fig. 7, n° 5 ). Les 
diamètres extérieurs de ces rebords variaient entre 9 et 1 k centimètres. 



Fig. 8. — Compotiers: i, Musée du Caire (n° 32666); 2, jbid; 3 , coupe d’un compotier, comparée à la coupe 
d’un bol (n° 6) et À celle d’une coupe a boire (n° 5 ), d’après des exemples du Musée du Caire et de Médamoud. 


On a vu plus haut que certains pieds en forme de bourrelet, comme ceux des bols, 
pouvaient appartenir à des coupes basses. L’examen de certains débris nous donne à 
penser qu’il y en eut dans la verrerie de Médamoud, mais nous ne sommes pas en 
mesure de l’affirmer. Quant aux coupes à pied, il en existait sûrement, témoins les 
trois pieds (fig. 7, n os 8, 9, 10) que nous avons retenus; mais il est difficile de dé- 
terminer s ils supportaient des coupes profondes ou des coupes plates : peut-être le 
n° 8 qui est court et trapu appartint-il à une coupe profonde, peut-être le n° 9 sup- 
portait-il une coupe plate, d’assez forte dimension toutefois pour avoir été une coupe 
à fruits (?) plutôt qu’une coupe à boire, peut-être le pied n° 10 a-t-il appartenu, 
non à une coupe, mais à un verre de même forme et de plus grande dimension que 
les verres à pied étudiés précédemment; ce ne sont que des hypothèses. 

Compotiers : morceaux divers. — Tenant à la fois de la coupe et du bol, les réci- 
pients, que dans notre embarras nous dénommons compotiers, en diffèrent par des 
formes moins arrondies, une allure plus anguleuse, une plus grande dimension, et 
souvent un bord horizontal si large qu’on ne saurait s’en servir pour boire (fig. 8, 
n os 1, 2, 3 ). D’autre part, le petit pied vertical, simple anneau cylindrique, sur le- 
quel les compotiers sont montés, a été rapporté après coup, au lieu d’avoir été obtenu 


* 


U RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 

comme dans les bols par l’enfoncement du culot. Aussi, comme le montrent les sché- 
mas (fig. 8 , n os 3 , A , 5) le fond des compotiers est toujours plat, tandis que celui des 
coupes est concave et celui des bols convexe. De compotiers, nous avons de multiples 
morceaux de parois, de pieds, de bords. La courbure d’un de ces bords montre qu’il 
appartint à un compotier dont le diamètre extérieur atteignait 2 A centimètres envi- 
ron. Il était en verre verdâtre. 



Fig. g. — Vaisselle plate: i, morceau de bord; 2 et 3, coupes d’une assiette et d’un plateau; 4, coupe du bord d’une 

ASSIETTE, COMPARÉE À CELLES DES BORDS DE BOLS (n° 5); 6, MORCEAU DE PIED; 7, ASSIETTE, MüSÉE DU CAIRE; 8, GaLLO- 

romaine (Musée de Saint-Germain). 


Vaisselle plate : débris. — Les Égyptiens de basse époque avaient également de la 
vaisselle en verre : assiettes plates et grands plateaux ronds, auxquels certaines pro- 
ductions de l’industrie moderne ressemblent étrangement. Cette vaisselle reposait 
généralement sur un pied très bas en forme d’anneau (fig. 9, n os 2 , 3 ). Les bords de 
ces plats, bas et fragiles, étaient fabriqués de la même manière que les rebords des 
bols, en repliant la pâte de verre à l’extérieur (fig. 9 , n° 1). Mais l’examen du moin- 
dre fragment permet de reconnaître s’il appartint à un bord de bol ou de vaisselle 
plate, le départ de la paroi du récipient étant vertical dans le cas du bol et au con- 
traire horizontal dans le cas de l’assiette ou du plateau : c’est ce que montre, grossi, 
la figure 9 (n os A et 5 ). De cette vaisselle plate, nous avons des morceaux de bords 
et de pieds, et des miettes. 

Raviers (?) fragments. — On peut ranger à côté de la vaisselle plate les rc raviers n 
que produisait également la verrerie ancienne. C’étaient des sortes de sébiles ellipti- 
ques , en verre souvent fin , ayant exactement la forme et les dimensions de certains 







15 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

de nos raviers (fig. 10). Les petits pieds qui les supportaient épousaient l’ellipse du 
contour : nous en avons trouvé un ou deux exemplaires à Médamoud. 

Bouteilles, carafons, vases : goulots , fonds , anses, etc. — Plus intéressante est l’étude 
des flacons anciens, aux modèles infiniment variés, souvent jolis et gracieux. Des 
goulots, des fonds, des anses 
nous sont parvenus de l’an- 
cienne verrerie de Médamoud , 
les uns en verre ordinaire, les 
autres en verre de luxe. Voici 
le goulot (n°d’inv. M. 3 AAfiàtV) 
et le fond d’un type de bou- 
teille ou plutôt de carafe bien 
connu , et son sosie du Musée 
du Caire (fig. 1 1, n os 1, 2,3); 
voilà des cols de plus petits 
carafons, en verre commun 
comme le précédent, dont la 
reconstitution semble assez ai- 
sée (fig. 1 1 , n os h , 5 et fig. 1 2 , 
n os 1 et 3 ). Le second, au 
goulot décoré d’anneaux de 
verre coulé, appartient vraisemblablement à un genre de flacon qui s’est répandu 
jusqu’en Occident dans la verrerie gallo-romaine (fig. 12, n° 4 ). La restauration 
(fig. 1 2 , n os 5 , 6) est plus hypothétique. Reste le fragment n° 7 (fig. 12) en très 
beau verre jaune-vert : c’est un morceau de bord de vase supporté par une anse à 
quatre brins (l’un est détruit). Nous avons cherché quelque temps à quel type de 
vaisseau il put appartenir : le Musée du Caire nous donna l’explication. Il s’agit d’un 
llacon de grande dimension , muni de deux anses larges et courtes (fig. 1 2 , n° 8). Le 
choix du verre, souvent décoré, implique que ce genre de vase était destiné à contenir 
un liquide de choix, boisson ou plutôt parfum. Des vases identiques se retrouvent 
dans la verrerie occidentale (fig. 12, n° 9) : il faut sans doute sous-entendre que, 
fabriqués en Egypte, ils furent importés en Occident avec leur contenu, tout au moins 
au début. 

Carafons carrés : bases, anses, etc. — Les flacons à section carrée constituent une 
catégorie originale et courante du récipient antique (fig. i 3 et i 4 ). Ils sont d’ailleurs 
en verre ordinaire. Nous en avons trouvé de nombreux fragments à Médamoud, cu- 
lots, parois, goulots, anses, provenant de flacons de différentes tailles. Le goulot est 
toujours cylindrique, l’anse le plus souvent à cinq brins. La figure i 3 (n° 5 ) montre 



16 RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 

en coupe la manière dont le culot était constitué : pour plus de solidité, on le coulait 
plus épais que les parois verticales; c’est la raison pour laquelle les bases des carafons 
carrés nous sont généralement seules parvenues. Les carafons carrés semblent avoir 



Fig. 11. — Carafons et vases : t, inventaire n° 3446 bis; 3, bouteille identique, Musée du Caire (n° 32772); 
5, restauration probable du n° 4; 6, petit vase comparable, Musée du Caire (n° 32568). 


r 


1 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 17 

connu une véritable vogue dans les premiers siècles de notre ère, car on les retrouve 
en grand nombre dans la verrerie occidentale, en Gaule et en Italie (fîg. i4, n° 2 ). 



3, vase similaire, Musée du Caire; 4, Gallo-romain, Musée du Louvre; 5, reconstitution hypothétique du fragment 
n° 6; 7, bord et anse d’un vase semblable au n° 8 (n° 8, Musée du Caire); 9, gallo-romain (Musée de Saint- 
Germain). 


Fouilles de V Institut, t. VIII, 2 . 


3 



18 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 



Fig. i3. — Carafons carrés: i, Musée du Caire (n“ 3254a; provenance: Gournah, Haute-Égypte); 
2, 3, 4, FRAGMENTS DE MÉDAMOUD; 5, COUPE d’un CULOT (MÉDAMOUd). 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1930). 19 

Fioles à col allongé : un exemplaire entier, des fragments. — Les petites fioles à col 
allongé sont très amusantes; ce sont de petits vases à parfum, qui contiennent si peu 
de liquide qu’on se demande vainement à quelle essence ils étaient destinés. Nous 
en avons trouvé à Médamoud 
un échantillon entier (sauf é- 
bréchure au col), massif et 
peu élégant ( fig. 1 5 , n os i , 2). 

Sa coupe montre l’épaisseur 
des parois, qui permit sa con- 
servation au milieu du bris 
général, ainsi que l’étroitesse 
du contenu. Toute la partie 
basse est un bloc de verre 
plein. 11 est en pâte commu- 
ne. Dans un autre exemplaire, 
dont il ne reste que la panse 
brisée en deux moitiés , on 
constate une coupe un peu 
différente et une augmenta- 
tion du contenu (fig. 1 5 , n° 5 ). 

Sur ce dessin apparaît égale- 
ment la manière dont a été 
constitué ce genre de fiole, 
non par le soufflage , mais par 
la stratification patiente de 
couches concentriques de pâte 
de verre; c’est toute l’ancien- 
ne technique pharaonique que 
nous voyons ici reparaître : 
l’ouvrier plongeait et replon- 
geait la pièce maintenue au 
bout d’un roseau (?) dans le 

verre en fusion jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’épaisseur désirée. C’est l’opération à 
laquelle se livrent les verriers sur la représentation de Beni-Hassan qu’on avait in- 
terprétée d’abord comme une séance de soufflage (fig. 16). Les fioles à col allongé 
existent en grand nombre au Musée du Caire; la plupart, plus élancées et plus élé- 
gantes que celle de Médamoud sont en verre soufflé. C’est encore une forme de 
verrerie qui connut une grande vogue dans le bassin méditerranéen, car on en a 
retrouvé en Gaule et en Italie. Ces petits vases ont peut-être servi à importer d’O- 
rient l’un des parfums préférés des élégantes gallo-romaines? 



Fig. 1 Zi . — Carafons carrés (suite) : i, Musée du Caire; 2, gallo-romain 
(Musée du Louvre); 3 et h , anses; 5, profil du n° h . 


3 . 



20 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


Veilleuses : culots , parois et bords. — Restent les fragments (fig. 17) dont on aurait 
cherché longuement l’origine sans la collection de Kom-Ouchim. Ce sont les culots 
de longs cornets de verre fin et décoré qui servaient de veilleuses. Les Egyptiens de 
cette époque avaient donc deux catégories d’appareils d’éclairage à l’huile : les lampes 
en terre cuite, dont on a trouvé à Médamoud de très nombreux exemplaires, de 



Fig. i5. — Fioles à col allongé : n° 2, coupe du n° 1; n os 3 (Musée du Louvre) et 4 (Musée de Rouen), 

FIOLES GALLO-ROMAINES; N° 5, PANSE RRISEE AIDANT À COMPRENDRE LA FABRICATION d’uNE FIOLE À COL ALLONGÉ. 


toutes formes, de toutes tailles, de décorations variées, et ces veilleuses de verre, 
moins courantes et plus riches sans doute, dont la flamme enveloppée devait être 
plus douce à la vue. Ces veilleuses, au Fayoum, revêtaient trois formes : les unes se 
terminaient par un simple culot, d’autres par une sorte de bourrelet, les dernières 
finissaient en pointe (fig. 17, n os 5 , 6, 7). Aucune de ces veilleuses n’était faite pour 
se tenir debout : on les posait sur un trépied ou on les suspendait (fig. 18), ce qui 
explique leur forme tronconique au bord le plus souvent évasé. Montées sur un cercle 
de bois ou de cuivre (?), seules ou groupées, elles formaient des lustres rudimen- 
taires. A Médamoud, les veilleuses à culot et à bourrelet semblent avoir été les seules 


21 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

à la mode. Il n’est pas sûr que le n° 9 de la figure 17 provienne d’une veilleuse. 

Toutes ces lampes de Médamoud, comme celles de Kom-Ouchim, sont en un verre 
jaune-vert très pur, dont les rayons devaient être excellents pour les yeux. L’emploi 
de la couleur verte pour les veilleuses était-elle fortuite, ou les Anciens avaient-ils 
déjà remarqué que les rayons verts avaient un effet reposant? la médecine alexan- 
drine marqua un progrès dans l’art de soigner, mais nous n’osons répondre. Les parois 



des veilleuses sont généralement décorées de filets de pâte de verre vert-foncé; nous 
en avons trouvé des morceaux à Médamoud (fig. 17, n° 12). Exceptionnellement le 
rebord supérieur affecte une dentelure gracieuse, recherche rare, car nous ne la con- 
naissons que par un fragment de Médamoud (fig. 17, n° 10). Ces lampes, d’époque 
chrétienne pour la plupart, sont le prototype des lampes arabes, et aujourd’hui quel- 
ques artisans du Vieux Caire en fabriquent de très semblables, également en verre 
vert (fig. 17, n° 8). Nos veilleuses occidentales dérivent, elles aussi, de l’ancienne 
lampe alexandrine importée dans le monde romain. 

Bracelets : éléments. — Pour clore la revue des objets de verre trouvés à Méda- 
moud, nous mentionnerons les bracelets (fig. 19). La coquetterie a utilisé pour con- 
fectionner des bracelets toutes les matières dont elle pouvait disposer : n’eut-on pas 
des bracelets en silex poli à l’époque prédynastique? Les plus fragiles de l’époque 
alexandrine sont en verre ordinaire, les autres en un verre foncé très dur. On peut 
les ranger pour l’étude en trois catégories. La première comprend les bracelets les 
plus ordinaires, constitués par une simple feuille de verre repliée (fig. 19, n° 1). Les 
morceaux recueillis à Médamoud proviennent d’un bracelet, pour bras de femme, 
mesurant 9 cent. 7 de diamètre extérieur et 9 centimètres de diamètre intérieur. La 
seconde catégorie est constituée par des bracelets en verre vert foncé très dur, unis, 


22 


I1ÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


polis, dont la section se présente sensiblement sous la forme d’une demi-circonfé- 
rence (fig. 19 , n° 2 ). Les morceaux d’un bracelet de ce genre accusent un diamètre 



Fig. 17. — Veilleuses : n os 1 à 4 , culots de veilleuses; 5 , veilleuse copte, Musée du Caire (n° 82^8 4 ); 6, ibid; 
8, veilleuse arabe moderne, Musée d Ethnographie du Caire; 10, rebord de veilleuse; 11, coupe de ce rebord; 

1 2 , FRAGMENT DE PAROI DÉCORÉE. 


extérieur de h cent. 5 et un diamètre intérieur de 3 cent. 8 : c’était un bracelet 
d’enfant. Enfin, nous avons des bracelets avec moulures. Semblables aux précédents 


23 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

par leur dureté et leur coupe semi-circulaire, ils ne s’en distinguent que par l’orne- 
mentation : celle-ci fut obtenue par l’impression successive d’un poinçon sur le verre 
encore pâteux (fig. 19 , n os 3 à 6 ). Nous avons de cette catégorie les fragments de 




Fig # ! g t — Veilleuses (suite) : 1, posée sur un trépied de bois, Musée du Caire 
(provenance Kom-Ouchim); 2, suspendue. 

bracelets mesurant extérieurement h cent. 3 et 5 cent. 5. La coutume des bracelets 
de verre n’a pas disparu d’Égypte avec le temps : les femmes et les enfants arabes 
d’aujourd’hui en portent, en verre généralement rouge ou violet, parfois ornés de 
motifs peints. 


* 

* * 

Au sujet du travail et de l’ornementation , nous n’ajouterons que peu de choses. 
Déjà, au cours des pages précédentes, nous avons eu l’occasion de signaler les parti- 
cularités de fabrication qui semblaient les plus intéressantes. Toutes les formes que 
nous venons d’étudier ont été obtenues par le soufflage, à l’exception des petites 
fioles à col allongé pour lesquelles, nous l’avons vu, l’ouvrier a réemployé l’ancienne 
technique des temps pharaoniques. Le soufflage, qui au point de vue de la technique 
constitue l’innovation de la verrerie alexandrine, est une trouvaille qui ne fut sans 
doute pas longue à faire, mais à laquelle il fallait penser. C’est 1 invention qui, révolu- 
tionnant le travail du verre resté jusque là accessoire, le porta d’un seul coup au 


24 RÉMY C0TTEV1EILLE-GIRAUDET. 

rang des grandes industries humaines. La faveur dont jouit rapidement la verrerie 
alexandrine dans tout le bassin de la Mediterranée est la preuve que l’usage courant 
du verre était une chose necessaire et comme attendue par l’humanité. Même ano- 








Fig. 19. — Fragments de bracelets, unis et dé- 
corés. Le n° 6 est la reconstitution du n° 5 . 
Verre très foncé. Grandeur naturelle. 




Fig. 20. — Lingots de verre coloré : 1, bloc de 

VERRE ROSE VIOLACÉ (À l’oXYDE DE MANGANESE?) 

Musée du Caire; 2, bloc de verre verdâtre, 
Musée des Antiquités à Rouen. 


nyme, l’inventeur du soufflage du verre mérite notre admiration. Les avantages de 
la nouvelle technique sont indéniables, puisqu’elle s’est conservée jusqu’à nos jours : 
elle permet une exécution plus rapide, plus aisée; l’épaisseur des parois est moindre 
et plus homogène; les récipients peuvent atteindre, en conservant de la légèreté, 
une grande dimension et une grande capacité; enfin le soufflage, aidé par le moulage 
et la soudure, rend possible la création d’une infinité de formes. 


25 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

Pour augmenter la production , on dut la rationnaliser : le moindre verrier fabri- 
quait son verre courant, mais les pâtes de verre colorées étaient vraisemblablement 
préparées en grande quantité, par des ouvriers spécialistes qui connaissaient tous les 
secrets des dosages; c’est la raison d’être de leur meilleure qualité. Lorsqu’elles étaient 
cuites à point dans les creusets, on les laissait refroidir : il en résultait des sortes de 
lingots de verre de diverses nuances que le commerce livrait aux ateliers moins bien 
achalandés. Là, on concassait les lingots et on les refondait en tout ou en partie, au 
fur et à mesure des besoins. On a retrouvé — malheureusement pas à Médamoud 
— beaucoup de ces blocs de verre; certains pèsent plusieurs kilogs (fig. 20). 

L ornementation revêtait différentes formes. Parfois on l’obtenait par la moulure, 
dont voici quelques exemples : le feston du bord de la veilleuse (fig. 17, n° 10), 
façonné en appuyant légèrement de place en place sur le bord de verre visqueux à 
laide dun bâtonnet(î); la décoration de certains bracelets, par l’application répétée 
d’un poinçon sur le verre encore pâteux; les stries des pieds des bols qui sont égale- 
ment une manière d’ornementation moulée. Ailleurs, l’ornementation est réalisée en 
laissant couler sur le vase non complètement refroidi des filets de verre liquide qui 
s’y soudent d’eux-mêmes. Ces filets sont tantôt de la même pâte que le vase (fig. 1 2 , 
n os 1 et 2), tantôt dune pâte de couleur différente, comme sur nos veilleuses. Dans la 
verrerie du Fayoum, d’élégants pichets violacés portent une anse et des filets verts : 
l’effet est très artistique; nous n’avons malheureusement rien à signaler de comparable 
dans la pauvre verrerie de Médamoud. A l’époque pharaonique, on décorait déjà les 
vases de multiples filets de verre de plusieurs couleurs; mais, sauf autour du goulot, 
on ne laissait pas les filets de verre faire saillie sur le pourtour, on les incrustait dans 
le corps meme des vases, en roulant ceux-ci, encore tièdes, sur une surface plane 
(fig. 21). G était un travail plus savant, plus délicat, et d’ailleurs du plus bel effet. 
L engravure était plus rarement employée dans la verrerie alexandrine : nous n’avons 

trouvé à Médamoud qu’un morceau de verre portant deux traits incisés. 

/ 

* 

* * 

Un lien réunit-il la verrerie alexandrine, c’est-à-dire la verrerie égyptienne des 
basses époques, à l’ancienne verrerie pharaonique, ou sont-elles deux inventions 
indépendantes, dont la seconde plus perfectionnée a fait disparaître la première? 
Nous voudrions, en manière de conclusion, répondre définitivement à cette question 
intéressante, mais nous craignons que létat des connaissances sur la verrerie antique 
ne le permette pas encore. Il semblerait, à priori, que les deux verreries soient dif- 
férentes, ne serait-ce que par la manière dont l’épaisseur et le creux intérieur des 
vases étaient obtenus. 

Pour que la verrerie alexandrine soit indépendante de la vieille verrerie égyptien- 
ne, il faudrait quelle ait été créée ailleurs que sur le sol de l’Égypte; sinon, elle se 

Fouilles de F Institut, t. VIII, a. 


4 


26 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


serait fatalement inspirée de l’ancienne technique, qui, à tout prendre, était loin 
d’être primitive : il lui manquait quelque chose, le soufflage, mais il suffit d’examiner 
les produits des verriers de Tell-el-Amarna pour être surpris de la dextérité et du 
goût de ces excellents artistes, dont les vases bleus incrustés de mille couleurs sont 
de véritables petits bijoux encore insurpassés. La verrerie pharaonique est une admi- 
rable verrerie, qui tenait beaucoup plus de la joaillerie que de la poterie, et n’était 
pas destinée à créer des vaisseaux commodes aux hommes, mais de petites œuvres 
d’art superflues à l’usage des grands. Quelle fut en effet à l’origine la raison d être 
de la verrerie? — l’imitation des pierres précieuses. Et c’est à cause de cette destina- 
tion restreinte que les premiers verriers cherchèrent généralement à communiquer à 
leurs pâtes de verre, non la lucidité, mais l’apparence opaque des pierres. Qu’imitent 
les petits vases bleus de Tell-el-Amarna? — - des vases de lapis-lazuli incrustés d’au- 
tres pierres. Le lapis était une pierre étrangère particulièrement prisée des Egyptiens, 
et les peuples d’Asie, au gré de Pharaon, n’en fournissaient jamais assez en tribut : on 
en fit en imitation. La verrerie pharaonique, née de la bijouterie, n’était pas une 
industrie indépendante : c’est la notion qu’il ne faut pas perdre de vue en l’étudiant. 

Où la verrerie alexandrine put-elle prendre naissance? Comme on la voit presque 
parfaite du premier coup, et en possession d’une méthode assurée, il fallut quelle 
s’inspirât d’une autre verrerie qui avait passé le cap obscur des tâtonnements. Fau- 
di’a-t-il l’attribuer, aujourd’hui comme dans l’Antiquité, aux Phéniciens? Les hommes 
de Tyr et de Sidon étaient-ils autre chose que d'hardis navigateurs et de solides com- 
merçants? Chaque fois que les Anciens ont attribué une invention aux Phéniciens, la 
science moderne les a révélés comme les pratiques profiteurs des inventions d’autrui. 
La légende de l’invention fortuite du verre par les Phéniciens est trop extraordinaire 
pour être croyable : elle ne repose que sur le récit de Pline; on n’a rien retrouvé en 
Syrie actuelle qui puisse faire croire à l’origine phénicienne de la verrerie alexan- 
drine. Plus loin, en Mésopotamie, pas de verrerie : aucun objet de verre n’a été ex- 
trait dans les fouilles des sites sumériens et chaldéo-assyriens. S’il y en avait eu , il est 
vrai que la pâte de verre aurait eu chance de se décomposer dans le milieu humide 
du sol mésopotamien ; mais dans des circonstances particulières, on en aurait tout de 
même trouvé quelque chose. La verrerie a été importée tardivement dans les civili- 
sations asiatiques, en Mésopotamie comme en Perse, et le D r Contenau, à qui nous 
parlions de cette question, considère les Egyptiens comme les plus anciens verriers. 

Comme faisant foi de cette primauté, nous ne résistons pas au désir de reproduire 
les lignes si suggestives de M. Parodi : «Dans la pyramide à degrée construite par 
Zoser (III e dyn.) 2800 ans avant J.-C. environ h), il existait quelques briques qui ont 
subi un commencement de vitrification et qui sont parmi les plus anciens verres. Il 
est hors de doute que la découverte du verre s’est faite grâce aux fours servant à la 


Date rectifiée. 


1 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 27 

métallurgie du cuivre, métal connu de toute antiquité par les Égyptiens. La tempé- 
rature atteinte pendant le traitement du minerai (i3oo° environ) est suffisante pour 
produire la vitrification, et la coloration bleue que donne le cuivre dans les pâtes 
alcalines a été la première teinte trouvée par les 
verriers , puisque les plus anciennes pièces que nous 
connaissons présentent toutes cette couleur si remar- 
quablement belle. -n «Les Egyptiens ont été sans nul 
doute les premiers verriers existant sur la terre, et 
il est bon de leur rendre cette justice qu’ils ont, 
dès les époques les plus reculées, porté leur art à 
un haut degré de perfection h). •» 

La verrerie alexandrine ne semble pas pouvoir 

r 

venir de l’extérieur, et l’Egypte est le pays qui créa 
le verre : comme, pour rénover, il faut avoir par 
devers soi l’expérience, la verrerie alexandrine n’est- 
elle pas tout simplement la fille de la veri'erie pha- 
raonique? Les caractéristiques de la verrerie alexan- 
drine sont le soufflage, le moulage, la transparence, 
certaines formes nouvelles. Le moulage (dans des 
moules d’argile) était pratiqué dans l’Ancienne É- 
gypte ; la transparence, bien qu’en règle générale 
on cherchait l’opacité dans la verrerie pharaonique, 
était déjà connue dès la XII e dynastie et employée 
dans certains cas! 2 ); les formes nouvelles sont les con- 
séquences du soufflage. L’innovation se réduit donc pratiquement au soufflage , et encore 
avons-nous noté, à propos des petites fioles à col allongé, la persistance de la techni- 
que pharaonique; cet exemple précis suffit à établir un lien entre la verrerie que 
nous étudions et sa devancière. Par ailleurs, la composition du verre est restée la 
même, ainsi que les procédés de coloration. Ces procédés, compliqués et parfaits dès 
la XVIII e dynastie, dont les pâtes de verre coloré sont réstées intactes depuis lors, 
nécessitaient une certaine connaissance des oxydes métalliques naturels et toute une 
discipline de fabrication qui ne se sont guère improvisées en un jour. Pour obtenir à 
volonté des verres de toutes couleurs, blanc, noir, bleu de diverses nuances, vert, 
jaune, orangé, rouge, violet — la palette est complète — il fallut d’autant plus de 
perspicacité et de persévérance aux anciens Egyptiens que les oxydes métalliques, en 
passant à l’état de silicates, changent le plus souvent de couleur, et que cette couleur 
varie parfois avec la dose (exemple le manganèse au contact du peroxyde de fer). Il 

(1) Parodi, op. cit. , p. ûh et 22. 

(2) Trois petits vases transparents, simples et unis, dont deux bleus (au cobalt?) proviennent de la tombe 
de Toutankhamon : ils annoncent la verrerie alexandrine. 

U. 



Fig. 21. — Petit vase du Nouvel-Empire 
(fond bleu foncé, incrustations jaunes et 
blanches), avec deux bagues de pâte de 

VERRE JAUNE AUTOUR DU COL (MuSEE DU 

Caire) : comparer fig. 12, n° 1. 


28 


RÉMY C0TTEV1EILLE-GIRAUDET. 


y a en outre la fameuse découverte du verre bleu au cobalt, et celle-là était si délicate 
que je ne puis croire que l’humanité l’ait faite deux fois. Les Alexandrins n’ont pas 
renouvelé les expériences de coloration de leurs devanciers : c’étaient choses acquises, 
et, dans la certitude de ne pas faire mieux, ils ont trouvé plus simple de leur em- 
prunter leurs connaissances. L’ornementation par fdets de verre de couleur est égale- 
ment, comme nous l’avons vu, d'origine égyptienne : le goulot du vase alexandrin 



Fig. 22. — Exemples d’emprunts faits par les verriers aux formes de la poterie de basse-époque : 1, bol en terre, cf. 

BOL EN VERRE, FIG. 5; 2, COUPE EN TERRE ROUGE VERNISSEE, ET 3, COUPE EN VERRE; k , COUPE BASSE EN TERRE, ET 5, COUPE 
BASSE EN VERRE (MUSEE DU CAIRE). 


(fig. 12, n os î et 2) est décoré exactement des mêmes fdets que celui du vase du 
Nouvel Empire (fig. 21). Quant aux formes de la verrerie alexandrine, si un certain 
nombre sont nouvelles, les autres s’inspirent visiblement des formes de l’ancienne 
verrerie, et d’une manière plus générale des formes traditionnelles de récipients que 
les Egyptiens reproduisaient indistinctement en toutes matières : terre, albâtre, verre, 
voire même métaux. Certaines de ces formes étaient plus particulières à la cérami- 
que, et il me semble que ce soit surtout de ces dernières que la verrerie alexandrine 
s’est inspirée : cela n’a rien d’étonnant, puisque la poterie de verre s’est substituée 
dans certains usages à la poterie de terre. Arrêtons-nous à cette constatation intéres- 
sante en donnant quelques exemples : le bol, la coupe, la coupe plate sont autant de 
formes qui se retrouvent dans la céramique de basse-époque (fig. 22); les verres à 
pied ont une origine gracieuse : ils sont la stylisation des vases à boire en terre émaillée 
du Nouvel Empire, qui eux-mêmes ne sont rien moins que la représentation du calice 
d’une fleur; la figure 2 3 en représente trois jolis échantillons du Musée du Caire. 
Parmi les vases et carafons de verre, beaucoup reproduisent des formes de poteries : 


29 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

ainsi, le type globulaire, avec goulot court et deux petites anses accolées au goulot, 
fréquent dans la verrerie alexandrine, existait dans la verrerie pharaonique qui le 
tenait elle-même d’un type de céramique courant au Nouvel Empire (fig. 2 A, n os 1 , 



Fig. 23. — Vases a boire du Nouvel-Empire, en terre émaillée bleu-vert, prototypes des verres à pied d’époque 
alexandrine: i, Nymphaea Lotus, Musée du Caire n° 3852 (provenance Gournah); 2, Nïmphaea caerulea, Caire 
n° 3692; 3, Musée du Caire. 

2, 3 ). La forme néo-égyptienne (fig. 2A, n° ü), à goulot plus allongé, se retrouve 
dans le joli vase alexandrin (fig. 2A, n° 6 ), et il y a d’autre part une analogie frap- 
pante entre ses anses et celles du vase de verre (fig. 2/1, n° 5 ); le profil du beau vase 
alexandrin n° 6 rappelle encore les gourdes plates du Nouvel Empire. Autre exemple : 
le vase copte (fig. 25 , n° 2), sa décoration mise à part, dérive d’un type de poterie 


30 RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 

fréquent au Nouvel Empire, caractérisé par une panse arrondie surmontée d’un énor- 
me col évase (fig. 2 5 , n° 1). Cette même forme de poterie, montée sur un petit pied, 



Hg. 2/1. — Exemples d’emprunts faits par les verriers aux formes de la poterie (suite) : 1, vase globulaire du Nouvel- 
Empire (verre bleu, incrustations jaunes et vertes, Collection Slade, catalogue pl. II); 2, vase de même type, 

EPOQUE COPTE (VERRE VIOLACE, ANSES ET REBORD VERTS, MüSEE DU CAIRE); 3, POTERIE, XAIII e DYN. , AbYDOS, PROTOTYPE DES 
PRÉCÉDENTS; 4, POTERIE, XVIII e DYN., AbYDOS; 5, VERRE BLEU CLAIR AU CUIVRE, SEMI-TRANSPARENT, ÉPOQUE COPTE, MüSÉE 

du Caire, n° 32 733; 6, face (a) et profil (b) d’un beau vase copte, verbe jaune verdâtre, Musée du Caire. 


31 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

est également le prototype d’une des formes les plus habituelles de la verrerie pha- 
raonique (fig. 2 5 , n os h , 5 , 6). Nous pourrions poursuivre les comparaisons sur mille 





Fig. 25 . — Exemples d'emprunts faits par les verriers aux formes de la poterie (suite) : î, Poterie, XVIII e dyn., 

AbYDOS; 2 , VASE COPTE, VERRE BLANCHATRE, MüSÉE DU CAIRE N° 385o6; 3, POTERIE PEINTE IMITANT UN VASE DE PIERRE, 
FORME APPARENTÉE AUX PRECEDENTES, MüSÉE DU CAIRE; 4, POTERIE, XVIII e DYN., AbYDOS; 5, TERRE ÉMAILLÉE VERTE, XVIII e 
dyn., Musée du Caire n° 3637 : GETTE faïence forme transition entre la poterie n° 4 et le verre n° 6; 6, verre bleu 
OPAQUE (= Émail), NoüVEL-ËMPIRE, MüSEE DU CAIRE. 


détails : par exemple, la figure 26 montre que le genre d’anse des vases alexandrins 
(fig. 1 2 , n os 3 et 5 ) se retrouve sur des poteries du Nouvel Empire. 

En résumé, on doit considérer actuellement que la verrerie alexandrine a pris 
naissance en Egypte, peut-être à Alexandrie même, restée par excellence la ville du 


32 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


verre; que la verrerie alexandrin e est un prolongement subit et inespéré de la ver- 
rerie pharaonique, sous l’impulsion d’une invention, le façonnage du verre par in- 
sufflation; que c’est cette invention , qui, facilitant l’obtention des formes et créant des 
possibilités nouvelles, a provoqué l’essor rapide de la verrerie, et, en la détachant de 
la joaillerie, l’a érigée en industrie indépendante; enfin que la verrerie alexandrine 
diffère bien moins de l’ancienne verrerie par l’ensemble de sa technique que par son 
utilisation pratique et sa vulgarisation. La verrerie soufflée d’Alexandrie n’est que le 
deuxième âge de la verrerie égyptienne. 

Le rayonnement de la verrerie alexandrine a été immense. Dès l’antiquité Alexan- 
drie a exporté ses productions dans toute la Méditerranée. De leur côté, les gens de 
Syrie n’ont sans doute pas manqué d’en trafiquer des contrefaçons. Après la conquête 
romaine, d’Octave à Tibère, les Egyptiens payèrent à Rome une partie de leur tribut 
en objets de verre. Cependant les Grecs, les Romains et les Gallo-Romains, se mettant 
une fois de plus à l’école de l’Orient, s’initièrent peu à peu à la fabrication du verre. 
Il est même probable que des verriers égyptiens vinrent s’installer dans nos pays (à 
Rome après la bataille d’Actium?). On sait le développement que prit par la suite 
chez nous l’art du verre, et quelles merveilles il produisit dans les verrières de nos 
cathédrales. Au sujet du verre bleu, on notera que les Egyptiens avaient sans doute 
beaucoup de peine à se procurer le minéral gris qui faisait du verre semblable au 
saphyr; aussi, en Occident où il était complètement inconnu, le cobalt disparut-il du 
nombre des ingrédients utilisés par les verriers, et le verre bleu ne se fit plus quà 
l’aide des oxydes de cuivre et de fer, toujours faciles à obtenir. La verrerie arabe elle- 
même, jusqu’au xv e siècle, dérive en droite ligne de la verrerie alexandrine : c’est la 
verrerie copto-byzantine passée à l’Islam. Au xv e siècle, l’école vénitienne de Murano 
fit sentir son influence jusque dans la verrerie orientale. Cependant, de nos jours, 
chez quelques artisans du Vieux Caire, à Bab el Nasr, on fabrique, ou on fabriquait 
naguère, une verrerie fille de la verrerie d’Alexandrie. 


LIVRES À CONSULTER. 


Parodi (H. D.), La verrerie en Egypte, Le Caire, 1908. — Bonnes analyses de verres égyptiens et 
arabes. 

Flïndf/rs Petrie , Arts et métiers de Vaurienne Egypte, traduction Capart. — Bon chapitre sur la ver- 
rerie d’époque pharaonique. 

Edgar, Graeco-egyptian glass, Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire. — Bonnes 
planches de verrerie alexandrine. 

Deville (A.), Histoire de V art de la verrerie dans l’antiquité, Paris, 1873. — Succinct, de bons ren- 
seignements, mais vieilli; superbes planches en couleur. 

Lucas (A.), Ancient egyptian materials . London (Edward Arnold and Co.), 1926. — Ouvrage précis; 
un bon chapitre sur le verre et ses colorants. 

Lepsius, Les métaux dans les inscriptions égyptiennes, traduction W. Berend, Paris, 1877, in : Biblio- 
thèque de l’Ecole des Hautes Etudes, fasc. 3 o. — Parle du verre bleu; ouvrage vieilli, à consulter 
avec précaution. 

Trowbridge (M. L.), Philological Studies in ancient glass, in : R. A., t. 3 1 (mai-juin ig 3 o), p. 377. 

Pelouze et Fremy, Traité de chimie, t. II, p. 871 à 910. — Bonne étude générale de la fabrication 
du verre et de ses colorants. 



Fig. 26. — Petit vase du Nouvel-Empire, terre émaillée verte, rayures noires : le mouvement 

DE SON ANSE SE RETROUVE DANS LA VERRERIE ALEXANDRINE (MüSÉE DU CAIRE). 


Fouilles de V Institut , t. VIII, 2. 


5 





DEUXIÈME PARTIE. 

LES GRAFFITI DU TEMPLE DE MÉDAMOUD 

(HAUTE-ÉGYPTE.) 


Un monument est à peine achevé que l’instinct populaire éprouve le besoin de le 
détériorer par des gravures ou des inscriptions plus ou moins artistiques. La détestable 
habitude d’écrire sur les murs est vieille comme les murs eux-mêmes. Mais voilà que 
nous recueillons maintenant avec satisfaction ces témoignages de la vie des foules, 
les graffiti, parce qu’ils sont souvent, dans leur simplicité, des exemples précieux 
d’un art spontané qui est en quelque sorte la contrepartie de l’art officiel. On trouve 
des graffiti dans tous les temples : les fidèles les faisaient en passant, les pèlerins les 
laissaient en témoignage de leur venue. 

On en rencontre à Médamoud depuis le quai jusqu’au sanctuaire, sur les dalles, 
sur les montants des portes, sur les colonnes, sur les marches du puits : il y en a de 
toutes les époques; il y en a de beaux, il y en a d’insignifiants, mais leur variété 
même les rend attrayants. Nous les étudierons en les rangeant sous trois rubriques : 
ceux qui, antérieurs au temple actuel, remontent au Moyen Empire; 
ceux qui sont contemporains du temple ptolémaïque et romain que les fouilles ont 
sorti de terre; 

ceux qui ont été exécutés à l’époque chrétienne, après la chute du culte païen. 


* 

* * 

Pleins d’intérêt au premier chef sont les graffiti antérieurs au temple actuel. On 
les lit sur ces admirables blocs calcaires que M. Bisson de la Roque a extraits, souvent 
au prix de grandes difficultés (P, des fondations du temple actuel, ou plus précisément 
des fondations de la plate-forme du temple du Nouvel Empire subsistant au-dessous 
du sanctuaire ptolémaïque. Ces blocs de calcaire proviennent d’un temple encore plus 
ancien, datant du Moyen Empire. Ils portent les noms de Sésostris III et de ses suc- 
cesseurs plus ou moins immédiats de la XIII e dynastie, Sebekemsaf, Amenemhat- 
Sebekhotep et Sebekhotep III, et avaient été réemployés sous la XVIII e dynastie 

(l) C’est en fouillant en sous-œuvre au-dessous du temple actuel que M. de la Roque a vérifié les uns après 
les autres les blocs des anciennes fondations : les blocs bruts ont été remis en place, les blocs gravés ont été 
extraits et déposés au magasin après qu’on les eut remplacés dans les fondations par des maçonneries de 
soutènement. 


5 . 


36 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


comme pierres de fondation. Le temple dn Moyen Empire, à Médamoud comme 
ailleurs, n’avait pas échappé à la ruine semée par la tourmente hyksos. Mais rendons 
grâce à la terre d’Égypte, si pleine de miracles, de nous en avoir conservé les plus 
beaux reliefs (fig. 1). 



Fig. i. — Une assise du porche de Sésostris III et Sebekemsaf à Médamoud. 
Le roi Sebekemsaf fait offrande au dieu Montou. Cliché Bisson de La Roque. 


Dès 1928, J. J. Gère signala des graffiti sur les premiers blocs du Moyen Empire 
qui venaient alors de revoir le jour('). Ceux que les fouilles des années 1928 et 1929 
exhumèrent en apportèrent une telle récolte qu’ils forment actuellement un ensemble 
peut-être unique. Nous publions tous ceux que nous avons lus, parfois non sans peine, 
car les plus ténus, au soleil, échappent à l’œil et ne se laissent déceler qu’à la lumière 
frisante d’une bougie ou d’une lampe de poche. H est possible, dans ces conditions, 
que quelques-uns nous aient échappé. 

Dans quelle mesure peut-on dater ces graffiti avec exactitude? Tout d’abord, on 
peut être assuré qu’ils sont ou antérieurs ou contemporains de la XVIII e dynastie, 
puisque les assises de pierre dans lesquelles ont été incorporés les blocs du Moyen- 
Empire furent construites sous la XVIII e dynastie. Mais la seconde hypothèse est à 
abandonner. Tous les graffiti en effet ont été exécutés pendant que les monuments 
du Moyen Empire étaient encore debout. A l’exception d’un oiseau (graffito, n° 56 ) 

F. Bisson de la Roque et J. J. Clère, Rapport sur les fouilles de Médamoud (1927), dans Rapports pré- 
liminaires sur les fouilles de V Institut français , t. V, 1 ” partie, p. io 5 et sq. (Le Caire, 1938). 


37 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1 930). 

ils sont tous verticaux sur les parois; les plus bas gisent à quelques dizaines de centi- 
mètres du sol, les plus haut placés ne dépassent jamais la hauteur d’un homme. S’ils 
dataient de la XVIII e dynastie, qu’ils aient été gravés par les ouvriers oisifs, tandis 
que les blocs en vrac attendaient de prendre place dans l’appareillage de la plate- 
forme, ils se présenteraient à nous tracés s tir les blocs au petit bonheur, dans tous 
les sens, à n’importe quel endroit. Us sont donc antérieurs à la XVIII e dynastie. 

Jusqu’à quelle époque cependant les monuments chargés de graffiti sont-ils restés 
debout : ont-ils été abattus dès l’arrivée des Pasteurs par leur main sacrilège; ont-ils 
été seulement démontés au moment où, l’envahisseur bouté dehors, la monarchie 
thébaine, reprenant avec Aménophis et les Thoutmès sa puissance, entreprit de re- 
bâtir le temple de Montou? On se rend difficilement compte du caractère de l’inva- 
sion hyksos. Les temples furent désertés, soit que les nouveaux venus aient pillé les 
trésors et malmené les prêtres, soit que ceux-ci se fussent dispersés d’eux-mêmes, 
l’exercice du culte étant devenu impraticable en raison de l’insécurité du pays. Mais, 
pillés ou abandonnés, les temples ne furent sûrement pas détruits de fond en comble. 
En admettant même que le vandalisme des barbares ait aidé le temps à faire son 
œuvre Ù), que les gens du pays aient commis eux-mêmes des déprédations, les parties 
solides de l’édifice, en plus ou moins bon état, n’en restèrent pas moins debout. Pour 
jeter à bas des porches de pierre comme celui de Sésostris III et Sebekemsaf à Mé- 
damoud, dont certains éléments pèsent plusieurs tonnes, il faut être non seulement 
bien déterminé à les démolir, mais disposer de moyens puissants : probablement ni 
les Hyksos ni les gens du pays ne s’en soucièrent. II est vraisemblable, vu l’admirable 
état de conservation des reliefs de Médamoud, qu’ils n’ont été démontés qu’à la 
XVIII e dynastie , soit que l’ensemble de l’ancien monument ait été difficilement répa- 
rable, soit plutôt parce qu’on voulait faire du neuf et qu’on ne pouvait incorporer 
les parties anciennes dans le nouvel et plus vaste plan. Trop respectueux peut-être 
pour les briser, les nouveaux architectes les ensevelirent dans leurs fondations Dans 
ces conditions, les graffiti sur les monuments des XII e et XIII e dynasties peuvent ou 
bien remonter à ces dynasties et avoir été gravés pendant la période de prospérité 
du temple par les serviteurs du dieu, ou bien dater des dynasties suivantes (XIV e - 
XVII e ), époque d’abandon pour les monuments, de trouble et de lutte pour les Deux- 
Ter res. H est possible qu’il y en ait des deux époques, nous ne savons. 

Un certain nombre d’indices, toutefois, nous portent à croire qu’ils remontent en 
majorité à la XIII e dynastie. Quelques-uns, à la rigueur, pourraient dater de la XII e (3 ^. 

(1) On n’a relevé aucune trace d’incendie dans le temple de Médamoud. 

(2) Les parois sculptées furent placées par eux face en dessous, contre la couche de sable qu’on étendait 
sous les fondations. Imprimés dans ce sable, les reliefs se sont soigneusement conservés. 

(3) Ce seraient les graffiti des montants extérieurs du porche de Sésostris III et Sebekemsaf. A Sebekemsaf 
est due la décoration intérieure du porche; la gravure extérieure remonte à Sésostris III. Mais il est plus 
probable que les graffiti de l’extérieur (n os 2 , 5i, 5 - 2 , 53, 59 ) n’ont été faits, comme ceux de l’intérieur, 
qu’après l'achèvement de la décoration. 


38 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


L’an des animaux le plus volontiers représentés dans les graffiti est le taureau; une 
fois même une table chargée d’offrandes est placée devant lui (grafîito, n° 18) : ce 
taureau est l’animal sacré de Médamoud, la bête de Montou. Quel sens aurait cette 
représentation d offrande, si on la supposait gravee alors c[ue le temple était aban- 
donné, qu il n’y avait plus de taureau-dieu dans l’enceinte? En une epoque troublée, 
qui dut être dure pour le peuple, on imagine mal que ceux qui passaient dans les 
ruines s’y attardaient à remplir les murs d’essais artistiques. Et de fait, des graffiti 
comme nos hippopotames (n os 33 et 35 ) et nos lions (n os ûo et k i) ne paraissent pas 
avoir été burinés par des fellahs aux aguets, mais bien plutôt par des gens du temple, 
au temps où l’on se reposait en devisant à 1 ombre du lieu-saint, aux heures chaudes 
de la journée. Presque tous les graffiti du Moyen Empire à Médamoud ont ete re- 
cueillis sur les murs des porches, sur les montants des petites portes des magasins (?), 
justement en des endroits du temple accessibles à la plebe impure des domestiques 
et des scribes qui se contentaient de servir le dieu dans les cours et les dépendances. 
L’un d’eux nous a légué son nom dans une courte inscription où il se déclare / 
whmw cr héraut n (graffiti, n° 78) : qu’aurait fait ce héraut dans un temple désaffecté; 
qu’aurait-il eu à proclamer dans des ruines ? 

Pour la commodité de l’étude, nous avons réparti les graffiti du Moyen Empire 
par catégories : les personnages d’abord, puis les quadrupèdes, les oiseaux, les objets, 
les inscriptions. 

Personnages. — - On a une quinzaine de graffiti représentant des personnages ou 
des têtes de personnages (n os 1 à i 5 , pl. I et II). Certaines ligures sont intéressantes 
et bien campées (n os 2,6,7, 8, 10,1 û)d au L’ es son t défectueuses (n os 3 , 5 , q , 1 1). 
Toutes, on le voit, ont été gravées, non par des artistes, mais par des gens qui s amu- 
saient à dessiner et qui y réussissaient plus ou moins bien. 

Les sujets le plus volontiers représentés, hormis les personnages indéfinissables, 
sont des rois et des prisonniers. Parmi les premiers, signalons le personnage n° 6 (?) 
dont la silhouette est assez bonne, le n° 7 appliqué et curieux bien que caricatural 
avec son cou renflé et sa tête énorme aux traits anguleux et durs : la main droite 
tient la croix ansée et c’est la main gauche qui s’appuie sur le sceptre (j, comme 
il est de règle pour un personnage dont la face est tournée à droite Pf Le grafîito 
n° 8 , avec ce pagne strié, figure peut-être aussi un personnage royal. Point de doute, 
en tout cas, pour les figures n os i3 et îû, dont la première, trop anguleuse, porte 
ostensiblement l’uræus. Elle n’est pas sans ressembler à la figure n° 7, bien quelle 
ne soit sûrement pas de la même main. 

Le grafîito n° 2 est un assez bon dessin de prisonnier, malheureusement incomplet 
du fait d’une cassure de la pierre. Le visage n’est qu indiqué; la coiffure se compose 

(') Quand ie personnage regarde vers la gauche, sur les monuments, il tient le sceptre de la main dioite 
et la croix ansée de la main gauche. 


39 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

d’un bandeau et d’une tresse (?); il semble vêtu d’un sarreau et d’un pagne à raies; 
les bras sont liés derrière le dos : ce serait un Libyen(?). La figure n° 10, satisfai- 
sante, représente une tête de prisonnier, la corde au cou. Le front bombé, le profil, 
la coiffure semblent d’un Nubien. Le Moyen Empire ne fut-il pas l’époque de la grande 
extension de l’Egypte vers le Sud? Le personnage n° 9, les bras ballants de faiblesse 
ou de peur représente aussi un prisonnier nègre. Le bloc 1 6 1 sur lequel sont gravées 
ces 2 images (n os 9 et 1 0) porte précisément en bas-relief la partie inférieure (la partie 
supérieure n’a malheureusement pas été retrouvée) de la scène classique du roi met- 
tant à mal des ennemis agenouillés. Le relief de ces derniers ayant été martelé, on 
ne pourrait savoir à quel peuple ils appartenaient, si l’inscription ne portait préci- 
sément la mention : 3T ï^Ti ^ ’ tCs-hsy-l et la vile Éthiopien. L’auteur des graffiti 
n os 9 et 1 0 s’est donc inspiré du tableau qu’il avait sous les yeux. Quant au mauvais 
grafîito n° 1 2 , représente-t-il une tête coiffée de deux plumes? Serait-ce encore une 
tête de prisonnier? 

Un grafîito, le n° i 5 , porte des traces de peinture rouge au fond de la gravure. 

Il faut faire une place spéciale au grafîito n° 1 5 bis, qui, avec son corps humain et 
sa tête de bête, ne peut représenter qu’une divinité. Ce museau allongé et cette 
coiffure ne se rapporteraient-ils pas à la bonne et laide déesse Thouéris(?), l’une de 
celles qui protègent la maternité? Le grafîito n° 22 semble une image tout à fait 
indépendante. 

Les quadrupèdes. — Nombreuses par rapport aux personnages sont les représen- 
tations d’animaux. Les Égyptiens de toutes les époques ont aimé les bêtes, et ils ont 
d’ailleurs été d’admirables animaliers. Nous passerons d’abord en revue les mammi- 
fères (n os 16 à ûi, pl. III à VII), puis les volatiles (n os Û2 à 58 , pl. VIII et IX). Les 
espèces de mammifères représentées ne sont pas nombreuses, quatre seulement : des 
taureaux, des gazelles, des hippopotames, des lions. 

Les représentations de taureaux (n os 16 à 21) n’ont pas lieu de nous surprendre 
sur les murs d’un temple de Montou où l’on adorait un taureau. Du moins confir- 
ment-elles l’idée qu’il y avait réellement dans l’enceinte sacrée un taureau-dieu en 
chair et en os. Si la phrase que nous voyons souvent répétée sur les monuments de 
Médamoud O Montou, taureau qui réside en Médamoud, n’était que de la 

littérature, il est possible que l’imagination populaire aurait été moins frappée et que 
nous aurions moins de graffiti de taureaux. L’un d’eux (n° 18) nous montre le dieu 
se présentant devant un autel chargé de mets. Il faut hélas! avouer que tous ces 
graffiti de taureaux sont médiocres. Sauf le n° 16, moins défectueux que les autres, 
ce ne sont que des formes stylisées et faiblement gravées. Plusieurs graffiti du bloc 
196 semblent de la même main. L’un d’eux, plutôt laborieux (n° 21) représente un 
taureau retournant la tête. 

Nombreuses, plus nombreuses encore que les taureaux sont les gazelles (n os 22 à 


40 


RÉMY COTTEVIE1LLE-GIRAUDET. 


3 t ii s ) Peut-être même, avec un peu de bonne volonté, pourrait on y distinguer 
deux espèces : les unes sont figurées avec de longues cornes assez droites (n- a d , a 5 ) , 
d'a» Javec dos cornes plus cour.es e. recourbées («- .8, 3 ,»). Les p— 
seraient, si l’on se réfère aux représentations annotées des mastabas, des )\ m-. , 




* 2 

Fig. - Les gazelles u'-wt et zs-mv (d’après les représentat.ows des mastabas). 


les secondes des (fig. ») : ma» peut-être une telle distinction esLelle 

ici illusoire. Le graffito n" 5.3 a quelques traits heureux; les n a i - 1 

fameux, les n" 3o et 3. avec leurs corps, leurs becs d'oiseaux et leurs pa es en 
surnombre sont déplorables. Seul le n" 3 . 6 » est vraiment passable. Les aut.es 

Les hippopotames nous dédommagent heureusement des gazelles (n 3 » a 3 <£ 
Le premier, dressé sur ses pattes arrière, a déjà été signale par J. J. Gleie. C est le 
seul qui soii représenté dans cette position. Le n- 33 est un graffito excellent : 1 énor- 
me bête ouvre une mâchoire impressionnante. Les formes sont parfaitement obser- 
vées- le trait est franc. Le n” 35 (bloc . 6e) est également satisfaisant ; le pachyderme 
cette’ fois-ci, retourne la tète, il dresse une tète menaçante et .1 bave^ L artiste ses 
plu à représenter sur le cou les plis de la peau. Il y a dans ce dessin du mouvement 
et d'incontestables qualités d'observation. Le n» 36 n'est quune nmtaUo. . peu ad on 
du n" 35 . Le graveur, par paresse peut-être, a emprunte au graffito de la gazel 
„» ,5 tout ce dont il pouvait se servir pour son hippopotame, et il se con enta, pou. 
métamorphoser le capridé en pachyderme , d’ajouter une tete et quelques traits acces- 
soires La rangée de signes en forme d'X qui se trouve au-dessous représente sans 
doute de l'herbe. 11 est aisé de comparer les hippopotames n» 3 a et 35 a ceux repie 
sentés sur les parois des mastabas dans les tableaux de chasse sur leau (fig. o) . 

... Nous avons rangé le n- „ bis parmi les g.selle. parce qu'il se trouve au milieu «les e. qu'il ne 
vaut pas la peine d'nn alinéa : c'est une .bête, sans nom comme en dessinent les enta . 


41 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

mêmes attitudes, même expression sauvage de la bête traquée ou harponée. Si l’au- 
teur ou les auteurs de ces graffiti les ont gravés de mémoire, en n’ayant devant les 
yeux ni modèle vivant ni bas-relief qui pussent leur servir d’exemple (fi, ils méritent 
bien le nom d’artistes pour le réalisme et la netteté de leurs gravures. Deux autres 



esquisses d’hippopotames se trouvent sur le même bloc 162 (n os 37 et 38 ), la der- 
nière malheureusement abîmée : même dessin franc et sur. Un autre petit pachyderme 
(n° 39) décore le bloc 195. Nous l’avions d’abord pris pour un chien, mais, réflexion 
faite, il ressemble trop par sa tête, les plis du cou, l’empâtement du corps et les 
jambes grêles aux hippopotames précédents pour n’en être pas un lui-même, mala- 
droitement gravé. J. J. Glère, à qui nous le montrions, partage cet avis. 

Enfin, pour clore la série des mammifères, présentons deux superbes lions (n os ko 
et /11). Les allures sont souples, félines, le trait bien venu. Les crinières sont conven- 
tionnelles. Si dans l’ensemble le n° ko est le meilleur des deux, le n° Z11 rachète ses 
pattes antérieures, un peu trop puissantes tout de même, par une tête mieux étu- 
diée. Là encore on peut se demander où le graveur a pris son modèle. Quel qu’il fut, 
il l’a observé et compris. 

Les oiseaux. — Ils sont nombreux et variés (n os /12 à 58 , pl. VIII et IX), et le 
premier que nous abordons (n° ùa), fort joliment gravé sur le bloc 1 5 9 , rouvre un 
problème intéressant, celui de l’ancienneté des gallinacés en Egypte. Cette image, 
avec ses formes, l’allure générale, le détail des plumes du cou, la queue, le mouve- 
ment des pattes, ne semble pas laisser place au moindre doute : c’est un coq, un 


(1) Aucun hippopotame n'a été retrouvé à Médamoud sur les reliefs du Moyen-Empire. 
Fouilles de V Institut, t. VIII, 2. 


6 


42 


RÉMY C 0 TTEV 1 EILLE-GIRAUDET. 


jeune coq fringant et nerveux quelle représente, un coq admirable de sincérité pour 
être rendu en quelques traits. 11 faut faire abstraction de l’appendice qu’il porte sur 
la tête : autant qu’on peut en juger, ce n’est qu’un coup de burin malheureux; le 
burin dut glisser alors que l’artiste voulait peut-être esquisser la crête. Les gallinacés 
sont des oiseaux exotiques, originaires des régions indoues et malaises. Tous ceux qui 
vécurent en Égypte .ancienne y ont été importés. Le poulet était introduit, paraît-il, 
à Babylone dès la première époque sumérienne (plus de 2 5 oo ans avant notre ère). 
11 venait de Perse. On apportait des poules en offrande à la déesse Bau au temps de 
Goudéa. C’est de Mésopotamie que les gallinacés auraient été importés en Syrie et de 
là en Égypte. La Grèce, et par suite le monde occidental, les aurait également connus 
par l’intermédiaire des Perses, d’où l’appellation grecque de Txepaixos opvts. En 
Égypte , l’importation pratique, utilitaire, du poulet date des basses époques. Le pou- 
let n’a pas de nom en langue hiéroglyphique; en démotique, il s’appelle 
1 1 ^ kimi, mot qui a passé en copte (saïdique) sous la forme exiMe. Aux siècles 
antérieurs les poulets se montrent d’une manière sporadique. C’étaient des oiseaux 
précieux offerts en cadeaux ou en tributs par les peuples d’Asie; les mâles étaient 
admirés pour leur plumage et les femelles étonnaient par leur ponte journalière. On 
a pensé que la phrase des Annales de Thoutmès III ( Urk IV, 700), en rapportant 
cette particularité, faisait allusion à des poules : 

tt Quatre oiseaux de cette contrée qui enfantent chaque jour». 

Ce serait la première mention de poules dans un écrit de la XVIII e dynastie. En 
tout cas, M. Howard Carter a trouvé un coq domestique peint sur un ostracon pro- 
venant de la Vallée des Bois, et qui ne pourrait être ni antérieur au milieu de la 
XVIII e dynastie ni postérieur à la XX e W. C’est jusqu’alors la première image d’un coq 
domestique datant du Nouvel Empire (fîg. 4 ). En remontant l’histoire, il n’y a pas 
lieu de s’étonner que le poulet soit inconnu sous les premières dynasties, qui sont 
antérieures à la première époque sumérienne, mais au Moyen Empire, sous la XIII e 
dynastie qu’on place approximativement entre 1785 et 1660 avant J.-C . (3 4 il peut 

(1) Le texte, malheureusement dégradé porte fjj'j — . La restitution dont on a tenu compte ici est tout à 
fait vraisemblable. Cf. : Sethe, Die âllcste Erwâhnung des Haushuhns in einem âgyptischen Texte , Festschrifl 
fur F. C. Andréas (Leipzig, 1916), p. 109-116. 

(2) Howard Carter, An ostracon dcpicting a red jungle-fowl ( die earliest hiown drawing of the domestic coch) , 
dans Journal of E g ypti an Archaeology , vol. IX (1928), p. i -4 et pl. XX, fig. 1. Plusieurs des renseignements 
que nous donnons dans notre texte proviennent de cet article. Ils sont d’ailleurs empruntés à M. Sidney 
Smith. Voir aussi l’article de M. Carter dans The Times , du 24 juillet 1923, et l’article de M. Keimer, Agri- 
culture in Ancienl Egypt, American journal of Semilic Languages and Literatures , t. XLII (juillet 1926), n° 4 , 
p. 283-288. 

(3) A. Moret, Histoire de V Orient (Paris, 1929), p. 118, dans l’Histoire générale publiée sous la direction 
de Gustave Glotz, Histoire Ancienne , i re partie. 


43 


FOUILLES DE MÉDAMOUD ( 1930 ). 

très bien se retrouver en Egypte; il a eu le temps nécessaire de faire le voyage des 
bords de l’Euphrate à ceux du Nil. Que le coq graffito de Médamoud soit maintenant 
l’exemple le plus ancien d’un gallinacé en Égypte, cela ne semble pas faire l’ombre 
d’un doute. En le comparant avec le coq de M. Howard Carter, on le constate très 



Fig. — Ostracon représentant un coq domestique. Fouilles de M. Carter à la Vallée des Rois (époque ramesside) 


différent : i! appartient à une autre espèce, que nous laisserons aux spécialistes le 
soin de déterminer. Champollionù) pensait avoir trouvé deux exemples de poules 
dans la tombe de Neherisakhnoumhotep à Béni-IIassan. Elles seraient plus anciennes 
encore que notre coq. 11 les décrit placées sur un guéridon ce plumées, ouvertes, le 
poil autour du col et la bouche ouverte donnant passage à la langue. C’est, ajoute-t- 
il , pour la première fois que je vois la poule figurée sur les monuments égyptiens, d 
Malheureusement, si on se réfère à la publication de Newberryt 1 2 3 ), pl. XXXV, on 
trouve que les bêtes prises par Champollion pour des 
poules ont l’habituelle figure des oies : 

Les autres oiseaux représentés dans les graffiti de Mé- 
damoud sont des faucons, des autruches, des canards, 
sans compter un bon nombre d’oiseaux qui ne désirent 
que le nom d’cc oiseaux n et dont on ne saurait trop dire s’ils appartiennent aux échas- 
siers ou aux palmipèdes. Les faucons (n os 43 et 44 ) sont très reconnaissables. Le 

(l) Champollion le Jeune, Notices , t. II, p. 387. — Newberry, Béni-Hasan , 1” partie, tombe n° 3 . 

6 . 



RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


hh 

n » 4 3 est même satisfaisant : c’est un Horus sur son perchoir _V. Les autruches 
(n 05 45 ,46,^7), quoique schématiques, sont nettement caractérisées avec leur gros 
corps, leur long cou, leurs hautes pattes. Deux d’entre elles (n os 45, 47 ) cherchent 



Fig. 5 . — Le parc de chasse d’El-Bersheh (Haute-Égypte). 


(D’après M. Jéquier). 


à terre leur nourriture; la troisième (n° 46) porte la tête haute : sa queue est traitée 
géométriquement, et l’on peut penser que l’auteur, par les traits désordonnés gravés 
sur le corps, a cherché à représenter l’aile. Parmi les oiseaux indéterminés il est 
possible que certains, comme le n° 5 1 , veuillent représenter des autruches, mais d 
serait fastidieux et inutile de vouloir le démontrer. 


h 5 


FOUILLES DE MÉD.AMOUD ( 1930 ). 

Que viennent faire des autruches dans les graffiti de Médamoud? Ce grand oiseau 
étant disparu d’Égypte depuis la lointaine période prédynastique, quelles circonstances 
ont poussé l’artiste populaire à le dessiner? Nous avons déjà noté parmi les mammi- 
fères les gazelles, les hippopotames et les lions : la faune de la brousse est décidé- 
ment bien représentée. Ce n’est peut-être qu’une coïncidence. 11 est permis toutefois 
de remarquer que les gazelles, les lions et les autruches sont précisément a cette 
époque, avec les bœufs sauvages, les animaux dont les grands seigneurs égyptiens 
peuplaient leurs parcs de chasse (fig. 5)6). Ces parcs, qui leur servaient de réserve 
de «ros gibier, étaient de vastes enclos entourés de filets où 1 aristocratie pouvait se 
donner l’illusion d’attaquer les bêtes sauvages dans leurs repaires. Beaucoup de ces 
bêtes avaient sans doute été rapportées des pays nubiens par les princes qui y avaient 
guerroyé longuement avec les rois de la XII e dynastie, et qui en étaient revenus , selon 
l’usage, victorieux et enrichis. Un de ces parcs devait exister dans les parages d’El- 
Bersheh (Haute-Égypte) : il suffit qu’un parc semblable ait été installé dans les envi- 
rons de Médamoud, à la lisière du désert, pour que l’imagination populaire ait été 
frappée par les animaux quelle y savait enfermés. Ce n’est bien entendu qu’une hy- 
pothèse tout à fait gratuite. 

Nous avons par ailleurs un bel exemple de canard (n° 48). Celui-ci, fort habile- 
ment gravé en creux, ne saurait être l’œuvre du premier venu : c’est plus qu’un 
graffito un véritable hiéroglyphe s’, qui, introduit malicieusement dans l’expres- 
sion 11 l’a transformée en vu cc fils du dieu boni?. L’auteur de cette surcharge 
était un scribe ou un épigraphiste. 

Les autres oiseaux (n os 6g à 58) ne sont pas très reconnaissables. Peut-etre faut-il 
voir dans le n° 4 g un pigeon ouvrant le bec(?); peut-être les n os 5i et 57 sont-ils 
des autruches, ainsi que les n os 52, 53 et 58 qui les accompagnent (?) Le n° 54 
est un palmipède à longues pattes qui cherche a atterrir; il rappelle un peu Ihiéio- 
glyphe In. Le n° 55 est un échassier dont la tête s’orne de deux aigrettes : est-ce 
un héron? Ces graffiti sont dans l’ensemble satisfaisants, bien que le n° 5o compte 
parmi les plus mauvais. 

Végétaux. — Le monde végétal est faiblement représenté dans les graffiti de Méda- 
moud (n os 5 g à 62 , pl. IX), nous trouvons d abord un arbre (n° 5g) dont le feuillage 
est indiqué schématiquement par des lignes obliques croisées. Viennent ensuite deux 
fleurs de lotus (n os 60 et 61 ) d’exéculion médiocre. Enfin le petit graffito n° 62 , 
placé derrière l’hippopotame n° 3 g, simule maigrement la frondaison des marais. 

Objets, figures géométriques, hiéroglyphes. — Cette catégorie de graffiti moins 
attrayants comprend les n os 63 à 77 . Nous sommes très en peine de définir les pre- 
miers (n os 63 et 64) : ils rappellent un peu le signe mais il y a des chances pour 


(•) Newberry, El-Bersheh , I, pi. VII; G. Jéquier, Histoire de la civilisation égyptienne, 1913, p. 221 et 222. 


46 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


qu’ils soient tout autre chose. Le n° 65 est également incompréhensible. En suivant 
l’ordre, on a ensuite un “| et un ^ mal venus, tracés par une main inhabile. Peut- 
on voir dans le n° 69 un damier d’échecs? L’étoile n° 70 ne fait du moins aucun 
doute. Les graffiti suivants sont moins mauvais : deux cruches \ nettement tracées 
(n os 71 et 72) dont la première est plantée dans un support; un hiéroglyphe ^ 
(n° 73), le signe de la ville ©(?) (n° 76), deux essais d’yeux — (n 05 75 et 76), enfin 
un entrelas compliqué qui représente peut-être une entrave. 


Cartouches et inscriptions. — Pour clore la sérié des graffiti du moyen Empire a 
Médamoud, il reste à examiner quelques cartouches (n os 79, 81, 82, 83 , SU) et 
deux courtes inscriptions (n os 78, 80). La plus intéressante de ces dernières (n° 78), 
déjà publiée par J. J. CW 1 ), porte la mention : whmM Sn ~^ 

whm.w-nh trie héraut Senhotep, renouvelé de vien. C’est sans doute l’œuvre d’un 
fonctionnaire du temple, qui voulait laisser son nom a la postérité en la giatifiant 
d’un de ces jeux de mots dont les Égyptiens se divertissaient si fort* 2 ). Peut-être est- 
il le signataire des autres graffiti du bloc 34 , les intéressantes têtes n 05 1 3 et 1 4 , et 
les vases n os 71 et 72 ? 

Parmi les neuf cartouches que nous avons relevés, huit donnent le nom de Sé- 


sostris 


IL 


Trois sont gravés sur le bloc 175 (nous nen publions quun, n° 79)’ 


cinq sur le bloc 179 (nous publions les trois plus intéressants, n os 82 , 83 , 84 ). Le 
bloc 175 appartenant au style des monuments de Sebekemsaf à Médamoud et le 
bloc 179 à la catégorie des monuments usurpés par Sebekhotep, l’un et l’autre da- 
tent de la XIII e dynastie, et leurs cartouches de Sésostris ne peuvent être contem- 
porains du grand Sésostris III, dont nous avons a Médamoud de si beaux monuments. 
On peut faire deux hypothèses pour expliquer ces cartouches : Sésostris III fut assez 
puissant pour que sa mémoire restât vénérée dans le peuple d’Égypte, et que long- 
temps après sa mort un fervent se plut a graver son nom prestigieux; ou au con- 
traire on peut prétendre que ces cartouches appartiennent à un autre Sésostris, le 
quatrième et dernier du nom, qu’on place à la XIV e dynastie (?). Toutefois, on na 
trouvé aucun monument de ce roi à Médamoud. 

Enfin, c’est encore sur le bloc 176 que nous relevons la petite inscription n° 80 : 
Hîl dy'nhw’ézd «doué de vie, de prospérité et de stabilité t, en relation avec un 

cartouche tout à fait inédit : fflTl mi (n° 81). Ne faut-il voir dans ce cartouche 

LÜ U 

M Op. cit. 

Jeu de mots entre whrn.w cr héraut» et J ^ whm.w , participe imparfait passif de 

/\\ whm cr renouveler». 


1 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 47 

qu’une fantaisie? C’est possible, bien qu’il n’y ait à priori aucune raison pour qu’il 
soit plus fictif que ceux de Sésostris gravés sur le même bloc. Sans oser le croire, ce 
cartouche est peut-être celui d’un roitelet Mès, encore inconnu, comme il en a passé 
plus d’un sur le trône d’Égypte entre la XIII e et la XVII e dynastie; c’est peut-être le 
nom d’un grand seigneur ambitieux, qui crut porter quelques jours, dans cette pé- 
riode troublée, une ombre de pouvoir. 


Le temple de Médamoud, depuis son dégagement par M. Bisson de la Roque, 
offre ses ruines à tous les regards (fig. 6). C’est une belle fouille française qui en- 
richit l’Egyptologie. D’époques ptolémaïque et romaine, ce temple est plein lui-même 



Fi$. 6. — Une vue du temple de Montou a Médamoud. Au premier plan, ruinée, la colonnade nord de la cour; 

PLUS LOIN, COLONNES DU PORTIQUE RESTÉES INTACTES. (ÉPOQUE PTOLÉMAÏQUE). ClICHE BlSSON DE LA ROQUE. 


de graffiti, d’âges naturellement variés, ptolémaïque, romain et copte. On les lit sur 
les dallages, les murs, les colonnes, etc. Nous étudierons ensemble ceux des deux 
premières époques, parce qu’ils présentent les mêmes caractères et que dans la cons- 
truction du temple de Médamoud le ptolémaïque et le romain se compénètrent trop 
pour qu’on puisse les traiter séparément. Cela ne nous empêchera pas, chaque fois 
qu’il sera possible, de préciser à quelle période de l’histoire il convient d’attribuer 


48 


RÉMY COTTE VIEILLE-GIRAUDET. 


telle ou telle gravure. L’ordre choisi pour l’étude est celui dans lequel les graffiti 
apparaitraient successivement aux yeux du voyageur qui visiterait le temple dans 

toute sa longueur, du quai au sanctuaire. 

Le quai ou débarcadère du temple de Médamoud, comparable à celui de Karnak, 
n’est pas encore dégagé : ce sera l’œuvre de la campagne de fouilles 1980-1931. 

Il est donc vraisemblable que nous n’ayons pas encore la possibilité d’en publier tous 
les graffiti. Ceux que nous avons relevés ont été exécutés sur les grosses dalles de 
la plate-forme par des oisifs ou des pèlerins. Les graffiti les plus typiques que nous 
ont laissés ces derniers sont des empreintes de pieds (n os 85 , 86, pl. XII). C est en 
souvenir de leur pèlerinage que les fidèles de Montou gravèrent ces empreintes. On 
en trouve dans tous les temples de cette époque (cf. le petit temple de Deïr-el-Mé- 
dineh). Il y en a de toutes les tailles, des pieds d’hommes et des pieds d’enfants , traités 
de façon plus ou moins réaliste, plus ou moins géométrique. Ils ont été vraisembla- 
blement exécutés en traçant le contour du pied de l’individu posé à plat; puis le trait, 
a été approfondi et on a parfait la ressemblance en représentant les orteils. 

On trouve également sur le quai, à proximité des pieds, un damier de o m. 07 
Xo ni. 17, comprenant soixante-six cases (n° 87). Bien qu on ne saurait 1 affirme! , 
ce jeu semble contemporain des autres graffiti du quai. Il aura été gravé par des 
partenaires satisfaits de montrer leur habileté à quelques badauds. 

Très intéressant, quoique à moitié effacé par les allées et venues de la foule, 
est le graffito suivant (n° 88, pl. XIII) : il représente, un homme en adoration devant 
le taureau sacré. C’est un témoignage, au dehors de l’enceinte révérée, des mystères 
qui se célébraient à l’intérieur; c’est, la contre-partie populaire du beau relief de 
l’oracle sculpté sur le mur extérieur du sanctuaire, où l’on voit l’empereur Trajan 

lui-même face à face avec le taureau égyptien (fig. 7). 

Enfin, c’est sur le quai du temple que nous trouvons le plus grand et le plus beau 
de tous les graffiti de Médamoud : il représente — n’est-ce pas toute justice? — un 
magnifique taureau (n° 89, pl. XIII). Cette gravure, qui occupe une large dalle, 
ne mesure pas moins de 0 m. 85 de longueur. Elle a été tracée de main de maître 
par un artiste qui ne manquait ni de coup d’œil ni de pratique : Voyez cette tête 
petite, cette encolure puissante, ce corps souple, cette queue battante, ces jambes 
nerveuses au mouvement excellemment rendu. C’est un taureau racé. Le graveur 
était à son aise; on ne sent de sa part aucune hésitation; il fit même preuve dune 

certaine exubérance; le trait est large et profond. 

Nous quittons le quai. Une grande pierre plate de grès, actuellement au magasin, 
où elle est entrée en 199.9 avec le numéro d’inventaire M. h h 0 0 , provient du dallage 
du kiosque nord, construction appuyée contre le mur-pylône, à l’extérieur du sanc- 
tuaire. Le graffito quelle porte est une nouvelle paire de pieds (n“ 90), longs de 
9 5 cm. 5 . La particularité intéressante de ces pieds est de porter une courte inscrip- 
tion dédicatoire écrite en démotique. 


49 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

Les fouilles de 1999-1980 dans la partie sud-ouest de l’enceinte est mis à jour, 
dans la couche supérieure, un pavage copte composé de pierre de grès anciennes, 
dont certaines portent des reliefs caractéristiques du règne dAménophis IV. Une 
autre, également en grès, entrée au magasin, avec le numéro d’inventaire M. 59 90 , 



Fig. 7. - L’empereur Trajan consultant le taureau de Médamoud. (Face extérieure du mur sud du sanctuaire). 


s’orne d’un graffito représentant une tête royale coiffée d’un bandeau (n° 91). Dans 
le pavage, la tête se trouvait placée verticalement et tournée à l’envers. D’un assez 
bon dessin, cette tête mesure i 3 cm., 5 . Il est difficile parfois de préciseï lage et la 
provenance d’une pierre réemployée; aussi ce graffito que nous classons ptolémaïque 

pourrait remonter aussi bien au Nouvel Empire. 

En pénétrant dans la partie du temple qui a été un moment convertie en eg ise 
copte, nous voyons gravée sur le mur sud du sanctuaire païen une autie tete ioya e 
(n° 99). Elle a une hauteur de o m. 3 o. Le personnage porte le casque bleu, dont 
un pan lui tombe sur la nuque; au front, un large uræus. C’est un bon graffito, au 
trait ferme; le dessin est empreint d’une certaine raideur qui ne mésied guère à la 
majesté du personnage. On peut penser que cette figure anguleuse au nez aquiim 
veuille être un portrait, peut-être celui de Trajan (?) Comparer son effigie sur les 
monnaies. La venue à Médamoud de l’Empereur romain , entourée sans doute d une 
grande pompe, n’a pas été sans frapper 1 imagination populaire. 

Fouilles de V Institut, t. VIII, 2 . 


7 


50 


RÉMY COTTEVIEILLE-G1R AUDET. 


Dans le sanctuaire même, nous n’avons recueilli aucun graflito. Les prêtres ne 
détérioraient pas leurs murs. 11 n’en est pas de même du large puits creusé par les 
Ptolémées dans le sud-est de l’enceinte , accessible à la plèbe des serviteurs. L’une 
des marches a été décorée de deux graffiti vraisemblablement d’époque romaine. 
Le premier montre un personnage royal en pied, avec ses attributs, barbe, sceptre, 
croix ansée ( n ° q j. Malgré les formes un peu gauches et la lourdeur . du trait qui 
apparaît mieux sur la photographie que sur le dessin , c est un graffito intéressant. 
Nu tête, le personnage n’a pas le torse découvert; il porte sous le pagne une sorte 
de maillot à manches courtes, et aux pieds des sandales. Le deuxième graffito- (n° 9Û) 
est le profil énergique d’un homme tête nue. Il a des analogies avec celui du person- 
nage en pied, dont il semble être la reproduction corrigée. Là encore le graveur 
chercha visiblement à faire un portrait. 



Fig. 8. — Une vue du Kôm de Médàmoud. 

Au PIED, UN ALIGNEMENT DE BLOGS GRAVES, DONT LE DERNIER À DROITE PORTE LE GRAFFITO N° 98. 


Un bel ensemble de graffiti (n os 9 5 , 96, 97, pl. XV) se trouve sur un élément 
de colonne de grès de provenance indéterminée, entre au magasin avec le numéro 
d’inventaire Z1916. Ceux-ci sont d’inspiration et de facture grecques : Un musicien 
joue de la flûte double (aùXoi), tandis qu’une fillette (?) danse. Un peu plus loin un 
canard semble témoin de cette scène idyllique. Gravée en ronde bosse, ce qui est une 
exception , cette représentation est tout à fait satisfaisante. On déplorera seulement 
la tête abîmée de la danseuse et la jambe arrière un peu trop grêle du musicien. 
Mais il y a dans ce tableau charmant de la grâce et une certaine manière qui rap- 
pelle les scènes champêtres de l’art hellénistique.. On peut à coup sûr accuser un 
Grec d’en être l’auteur; il y en avait beaucoup en Égypte aux basses époques. 


51 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1930). 

Le dernier graffito que nous avons relevé pour cette période historique a été 
découvert en dehors du temple, à la lisière ouest du kôm de Médàmoud, à côté 
de vastes four de potiers d’époque incertaine (copte ou antérieure?). Il y a là une 



Fig. 9. — Trône magique d’Amon, trouvé à Médàmoud ( Fouilles de iqs 5 ). 


rangée encore inexpliquée de blocs de grès (fîg. 8), et cest sur 1 un deux, le plus 
à droite sur la photographie, que fut grave le graflito (n° 98 , pl. XVI). Qu y voyons 
nous? un lion, dont seules les pattes sont joliment traitées en relief, et dont le reste 
n’est malheureusement qu’ébauché. Terminée, cette gravure aurait été parfaite de 
dessin et d’exécution. Derrière le lion, une barre; au-dessus, l’ébauche d’une courbe 
qui rappellerait soit la couronne blanche de la Haute Égypte soit le dossier de cer- 
tains sièges. Ce qu’on voit est peu de chose, mais tel quel ce graffito est l’un des plus 


52 rémy cottevieille-giraudet. 

curieux et des plus intéressants que nous ayons relatés jusqu’ici, car il nous montre 
une représentation très rare : l'image énigmatique d' Amon. Signalée en 1908 par 
M. Daressy à propos de trois petits monuments extraits par M. Legrain de la fosse aux 



Fjg. 10 . — Formes diverses de l’image énigmatique d’Amon. (D’après MM. Daressy, i, et Wainwrigiit, 2 et 3). 


statues de KarnakW, l’image énigmatique d’Amon a été étudiée d’une manière ap- 
profondie par M. Wainwrigiit en donc après la publication par MM. de la 

Roque et Drioton ( 3 ) du trône magique d’Amon trouvé à Médamoud en 1925 (fig. 9) 


C 1 ) Daressy, Une nouvelle forme d' Amon , Annales du Service des Antiquités de l Egypte, t. IX (Le Caiie, 
1908), p. 64-69. 

<*> G. A. Wainwright, The amande form of Amon in the ne w Kingdom, Ann. Serv. Antiq., t. XXVIII (Le 
Caire, 1928)^. 176-189. 

m F. Bisson de la Roque, Rapport sur les fouilles de Médamoud (199.5), in Rapports préliminaires sur les 
fouilles de l’Institut français, t. III, 1" partie, p. 68-53 et pi. VI; E. Drioton, Rapports sur les fouilles de 
Médamoud (iga 5 ), ibid., t. III, 2” partie, p. 21 et fig. 2 (Le Caire, 1926). 


53 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 

et du relief représentant la même image sur un mur intérieur du portique. Nous 
n’aurions rien à ajouter à ces études si l’image d’Amon que nous publions n’était une 
représentation inédite, à joindre à celles déjà connues, en même temps qu’une con- 
tribution à l’histoire religieuse de Médamoud. Elle sous-entend qu Amon était vénéré 
dans ce sanctuaire sous sa forme symbolique. On peut même se demander si ce culte 
ne se pratiquait pas déjà au Moyen Empire dans l’ancien temple de Médamoud car 
le lion passant de notre graffito n° ko est surmonté d’un long trait horizontal qui 
pourrait fort bien représenter le brancard d’un trône d’Amon : sans pouvoir 1 affirmer, 
ce graffito serait alors le plus ancien exemple de cette image du dieu thébain, dont, 
au demeurant, le seul site de Médamoud aura fourni trois ou quatre nouvelles re- 
présentations. La figure 10 permettra quelques comparaisons. Notre graffito n» 98 
ne fut certes pas gravé par le commun des mortels : c’est l’œuvre d’un érudit, dun 

initié, doublé ici d’un artiste. t . . 

Dans l’ensemble, il faut l’avouer, les graffiti ptolémaïques et romains sont les plus 

artistiques. 


* 

* * 

On ne saurait en dire autant des quelques graffiti copto-byzantins de Médamoud, 
car à part de rares exceptions ils sont franchement défectueux. Les premiers que nous 
rencontrons ont été gravés sur le dallage du fond de la salle à colonnes située devant 
et contre la partie sud du mur-pylône (salle de justice ou de réunion?) Ce dallage 
semble former une sorte d’estrade. Le schéma (fig. 1 1) montre , numérotées, les dalles 
à araffiti. Sur la première nous voyons trois bonshommes (n os 99, 100, 101) dont 
le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont grotesques ; deux brandissent des palmes (. ) 
tandis que l’autre joue de la flûte. Sur la dalle 3 , des dessins encore pires, si se 
peut (n os 1 o3 10Û, io5) : l’un des personnages semble monté sur un cheval (.); 
un autre (n» 10A), paraît revêtu d’une longue dalmatique byzantine. L’unique graffito 
de la dalle 2 relève un peu le prestige de ces piètres artistes (n» 102) : c’est un ba- 
teau de formes gracieuses, un voilier. 11 fut difficile à copier, tellement la pierre est 
usée. On ne le distingue qu’à la lumière frisante du soleil tardif. 

Un autre personnage (n« 106) a été gravé sur l’une des faces du petit obélisque 
de grès trouvé en janvier i 9 3o et remis en place devant la porte du kiosque nord 
qui précède le pylône : c’est un monogramme du Christ, dont la palme rappe e 

celles des précédents graffiti. Il mesure o m. 1 k de hauteur. 

Les autres graffiti coptes proviennent du Portique, seul élément de colonnade 
demeuré intact (fig. 12) dont l’élégance nous fait regretter davantage la démolition 
du temple W. Sur l’une des colonnes sud, à la hauteur d’environ 1 m. 5 o, on trouve 

(') Dès son abandon , le temple de Médamoud a été exploité comme carrière. 


54 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 

sculpté en bon relief l’entrelas (n° 1 07), sorte de tresse à quatre brins, ornement by- 
zantin bien connu. Sur une autre colonne du portique, on voit deux croix grecques 
(n os 1 09 , 1 1 1) et une étoile (n° 110); la croix ansée (n° 1 08) n’est pas copte, mais 
arabe W. Les trois graffiti (n os 109, 110,111), situés trois mètres plus haut que le 




Fig. 11. — Schéma de la salle a colonnes sise contre le mur-pylône du temple de Médamoüd. 
Les dalles numérotées portent des graffiti d’époque copte. 


niveau du sol ptolémaïque, montrent qu’ils ont été exécutés assez tardivement, à une 
époque où le kôm avait recouvert le temple sous une épaisseur de terre et de débris 
de plus de 1 m. 5 o (vers le v e siècle de notre ère?) Enfin, sur la même colonne que 
1 entrelas n° 107, mais également à la hauteur de 3 mètres a été gravée, dans un 
style schématique qui n’a rien de déplaisant, la figure de l’animal inconnu de l’anti- 
quité, dont la force rend à présent la vie du fellah moins rude : le chameau (n° 1 1 2). 


* 

* * 

Nous pensons ne faire de tort à personne en déclarant que les graffiti de Méda- 
moud forment actuellement un ensemble unique en son genre. N’est-il pas rare de 
pouvoir glaner sur un seul monument un nombre aussi appréciable de dessins, s’é- 
chelonnant sur une longue période de l’histoire, du Moyen Empire à l’ère chrétienne? 


(l) Voir Supplément. 


55 


FOUILLES DE MÉDAMOÜD (1930). 

Cette circonstance exceptionnelle est due à la trouvaille des beaux reliefs du Moyen 
Empire, dont les graffiti forment les trois quarts du nombre total. Parmi tous ces 
graffiti, certains, comme le grand taureau du quai ou la petite scène hellénistique, 
ont une véritable valeur artistique, tandis que d’autres, comme le coq de la XIII e 
dynastie et l’image énigmatique d’Amon , soulèvent des questions intéressantes. 



Les graffiti posent une autre question : quelle place occupent-ils dans l’Histoire 
de l’Art? — Au sommet de l’Art on trouve le grand art, de caractère officiel, conçu 
et exécuté par des artistes de profession qui se transmettent de siècle en siècle un 
patrimoine toujours enrichi de conceptions artistiques et de secrets techniques. Le 
but de cet art, à tendance idéaliste, est de rendre le beau et le grand ; il est un pro- 
duit de la civilisation. Au-dessous de l’art officiel, qui en raison même de sa desti- 
nation tend parfois à la formule, on voit un art populaire, traité par les artisans 
pour l’agrément journalier des hommes : plus libre, plus individualiste, cet art-ci 
reste empreint de fantaisie, de réalisme et de familiarité. Enfin, en bas de l’échelle 
des arts, on trouve l’art spontané, celui que l’Homme créé artiste exécute sans même 
se douter qu’il fait de l’art : cet art passe-temps, sans prétention et sans but, qui 
est toujours à son commencement parce qu’il nait, se développe et meurt avec chaque 
génération, c’est l’art des bêtes et des fleurs que dessinent nos enfants, ce sont les 
tâtonnements esthétiques des peuples primitifs, ce sont les graffiti de tous les temps 
et de tous les pays. Cet art qui s’ignore, s’il compte pour moins dans l’Histoire de 


56 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


l’Art, n’en doit pas être exclu, car dans sa naïveté et sa sincérité il peut nous ap- 
prendre bien des choses et nous permet d’apprécier les qualités artistiques natives 
du peuple auquel il appartient. 

C’est surtout aux graffiti préhistoriques que nos graffiti historiques s’apparentent 
(fig. i3) : ils en sont la suite, la tradition; ils répondent au même besoin artistique 
qu’éprouve l’homme en présence d’une surface lisse à remplir. Les Préhistoriques 
gravaient sur des parois rocheuses parce qu’ils n’avaient pas d’autre matière à leur 
disposition : le peuple d’Egypte, plus tard, continua à graver sur les murs des mo- 
numents ses essais artistiques parce que le papyrus coûtait trop cher pour être ré- 
pandu dans la masse des illettrés, et que les blancs murs des temples remplissaient 
sans frais le même usage. Il n’y a donc pas solution de continuité entre les gravures 
préhistoriques et celles que nous venons d’étudier : les hommes qui gravèrent celles- 
ci étaient les fds de ceux qui gravèrent celles-là. C’est pourquoi les unes et les autres 
présentent des caractères analogues, et sont en quelque sorte à travers les âges les 
reflets d’une même mentalité. 



Fig. i3. — Gravures protohistoriques de la montagne thébaine : girafe et gazelles 

(d’après R. Cottevieille-Giraudet). 



1 


{ 









INDICES 


INDEX I. 

RÉFÉRENCE DES GRAFFITI DU MOYEN EMPIRE 


AUX BLOCS CALCAIRES SUR LESQUELS ILS SONT GRAVÉS. 


NUMÉROS DES 
GRAFFITI. 


N° S D’INVENTAIRE 
DES BLOGS DU 
MOYEN EMPIRE 

(chiffres rouges). 


NUMÉROS DES 
GRAFFITI. 


N 0 * D’INVENTAIRE 
DES BLOCS DU 
MOYEN EMPIRE 

(chiffres rouges). 


1 . — personnages, têtes de personnages 

(pl. I et II). 

1 B. 33 

2 , B. 33 

3 B. 33 

4 B. i 42 

5 B. i44 

6 B. i44 

7 B. i44 

8 B. i44 

9 . . . . B. 161 

10 B. 161 

11 Inv. M. 2887 

12 B. 2 4 

13 B. 34 

14 B. 34 

15 B. 175 

1 5 bis B. 161 

2. MAMMIFÈRES (pl. III à VII). 

TAUREAUX. 

16 B. 179 

17 B. 196 

18 . B. 196 

19 B. 196 

20 B. 1 96 

21 B. 196 


22 . . . 

23. . . 

24. . . 

25.. . 

26. . . 

27.. 

27 bis 

28. . 
29 . . 
30.. 
31 . . 

3 1 bis 


32 

33 

34 

35 

36 

37 

38 

39 


40 

41 


GAZELLES , 
ANTILOPES. 

. B. 1 61 
. B. 162 
, . B. 162 
, . B. 162 
..B. 24 
. . B. i 7 5 
. . B. 1 75 
. . B. i 7 5 
. . B. 179 
. . B. 179 
. . B. 179 
. . B. 1 96 

HIPPOPOTAMES. 

..B. 32 
. . B. 1/12 
. . B. 1 42 
. . B. 162 
. . B. 1 62 
. . B. 162 
. . B. 1 62 
. . B. ig5 

LIONS. 

. . B. 175 
. . B. 175 


8 . 


60 


RÉMY COTTEV1E1LLE-GIRAUDET. 


NUMÉROS DES 
GRAFFITI. 


N° S D'INVENTAIRE 
DES BLOGS DU 
MOYEN EMPIRE 

(chiffres rouges). 


NUMÉROS DES 
GRAFFITI. 


N 0S D'INVENTAIRE 
DES BLOGS DU 
MOYEN EMPIRE 
(chiffres rouges). 


3. — oiseaux (pi. VIII et IX). 


COQ. 

42 B. 1 59 

FAUCONS. 

h 3 B. 33 

44 B. 176 

AUTRUCHES. 

45 B. 175 

46 B. 176 

47 B. 1 75 

CANARD. 

48 B. 1 g5 

OISEAUX DIVERS 
ET INDÉTERMINÉS. 

49 B. 1 43 

50 B. 1 44 

51 B. i44 

52 B. i44 

53 B. i44 

54 B. 1 59 

55 B. 160 

56 B. 161 

57 B. i 9 5 

58 B. i 9 5 

4. VÉGÉTAUX (pi. IX). 

59 B. 33 

60 Inv. M. 2887 

61 B. 179 

62 B. 1 9 5 


5. OBJETS, FIGURES GEOMETRIQUES, 

FIGURES INDÉTERMINÉES, HIÉROGLYPHES (pl. X). 

63 B. 33 

64 B. 33 

65 B. 1 42 

66 B. 1 43 

67 B. 1 A3 

68 B. i43 

69 B. i44 

70 B. i44 

71 B. 34 

72 B. 34 

73 B. 34 

74 B. 34 

75 B. 1 75 

76 B. i 7 5 

77 B. 179 

6 . CARTOUCHES ET INSCRIPTIONS (pl. XI). 

78 B. 34 

79 B. 175 

80 B. 176 

81 B. i 7 5 

82 B. 1 79 

83 B. 179 

84 B. 179 


N. B. — Les blocs n os 33, i 42 , 1 43 , 1 44 , i5 9 , 160 , 161 et 162 appartiennent au Porche de 
Sésostris III et Sebekemsaf, le monument qui nous fournit le plus de graffiti. Le bloc n° 175 est 
du style de Sebekemsaf à Médamoud. Les blocs n os 179 , i 9 5 et 196 font partie des monuments 
usurpés par Sebekhotep à un roi encore indéterminé. 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1930). 


61 


INDEX II. 

RÉPARTITION DES GRAFFITI DU MOYEN EMPIRE 
PAR BLOCS CALCAIRES 111 . 


NUMÉROS 

DES BLOCS. 



SUJETS 

GRAVÉS. 


NOMBRE 

DE GRAFFITI 

PAR BLOC. 

PERSONNAGES 

(pl. 1 et II). 

QUADRUPÈDES 

(pl. 111 à VII). 

OISEAUX 

(pl. VIII et IX). 

VÉGÉTAUX 

(pl. IX). 

OBJETS 

(pl.X). 

INSCRIPTIONS 

(pi* xi). 

B. 24 

n os 11 

26 





2 

B. 32 


32 





1 

B. 33 

1 , 2 , 3 


43 

h 

63, 64 


7 

B. 34 

1 3 , i4 




7 1 ’ 7 2 ’ 








7 3, 7 4 

7 8 

7 

B. 142 

4 

33, 34 



65 


4 

B. 143 



*9 


66 , 67 , 68 


4 

B. 144 

5, 6 , 7 , 8 


5o , 5 1 , 








52 , 53 


69 , 7 ° 


10 

B. 159 



42,54 




2 

B. 160 



55 




1 

B. 161 

9 , 10 , 1 5 bis 

22 

56 




5 

B. 162 


23,24, 








25,35, 








36, 3 7 , 38 





7 

B. 175 

i5 

27 , 2761 s, 








28 , 4 0 , 4 1 

44,45, 








46, 47 


75 , 76 

79 , 80 , 81 

i5 

B. 179 


16 , 29 , 








3o , 3 1 


61 

77 

82, 83 , 84 

9 

B. 195 


39 

48 , 5 7 , 58 

62 



5 

B. 196 


17 » 18, 19, 








20, 21, 3 16/s 





6 

M. 2887 

1 2 



60 



2 

Nombre 








de graffiti 








par sujet : 

16 

28 

*7 

4 

1 5 

7 

s? 


(l) On trouvera au Supplément la suite de ces indices, ainsi qu’une table alphabétique générale. 


! 





LES GRAFFITI DU TEMPLE DE MÉDAMOUD. 


SUPPLÉMENT. 

, (ANNÉE 1931.) 

Les fouilles de l’hiver 1930-1981 ont permis de dégager la tribune au pied de 
laquelle accostaient les fidèles venant au temple de Médamoud par le canal, ainsi 
que la chaussée dallée, voie sacrée bordée de sphinx malheureusement mutilés, qui 
menait de cette tribune au sanctuaire. 

Gomme nous l’avions prévu (h, le dégagement de la tribune nous a li vré de nou- 
veaux graffiti; l’allée de sphinx, par contre, en était complètement dénuée ( 2 ). D’autres 
graffiti ont été relevés sur des pierres isolées mises à jour au cours de la campagne; 
d’autres enfin avaient été omis par nous l’an dernier. C’est toute cette nouvelle mois- 
son qui fait l’objet de ce Supplément. 

Pour étudier plus commodément ces graffiti, nous les rangerons, comme dans 
notre précédente étude, en trois catégories, selon qu’ils sont antérieurs, contempo- 
rains ou postérieurs au temple ptolémaïque et romain de Médamoud. 

* 

* % 

Les graffiti antérieurs aux Ptolémées remontent pour la plupart au Moyen Empire 
et se lisent sur les monuments calcaires que nous avons appris à connaître l’an passé. 
Ils font donc partie de la même série que les dessins des planches I à XI. Ceux que 
nous publions ici nous avaient généralement échappé l’année dernière en raison de 
l’obscurité et de l’entassement d’un de nos magasins. 

Aucun nouveau graffito de personnage. Parmi les mammifères, nous avons à 
mentionner des capridés et deux animaux que nous n’avions pas encore rencontrés : 
la girafe et le chacal. Sur la planche XX, qui représente l’ensemble des graffiti du 
bloc n° 5, nous distinguons trois capridés (nous pensons tout au moins que ce sont 
des capridés?), et au milieu d’eux une embarcation (que vient-elle faire dans ce 
tableau?) dont la silhouette rappelle par plus d’un trait les bateaux de l’âge nagadien. 

Voir p. 48. 

(2) M. Robichon pense que les socles des sphinx étaient en ravalement au moment où le culte païen a été 
abandonné. 


6a 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


En présence de cet ensemble, on croirait tout à fait se trouver devant une représen- 
tation protohistorique. Au-dessus de l’embarcation, un petit animal s’enfuit : malgré 
ses trois appendices sur la tête et un museau qui serait plutôt d’un félin, il a proba- 
blement la prétention d etre lui aussi une gazelle. Au-dessous de la barque, le grafïilo 
n ° 1 *6, que nous sommes bien en peine d’interpréter : peut-être faut-il y voir un 
piège pour prendre les gazelles (?). Les gazelles de la planche XXI appartiennent, 
1 une (n° 120) au bloc a 3 , l’autre (n° 119), qui est meilleure, au numéro d’inventaire 
M. 3 i 52 1 er. Les traits qui se trouvent de part et d’autre de ses pattes arrière sem- 
blent désigner une bête entravée ou prise au piège. 

Le cou et la tete du graffito n° 121, gravé dans un coin du bloc 32 , semble ne 
pouvoii s appliquer qua une girafe. Nous avons déjà noté, l’an passé, la fréquence 
paimi les giafïiti de Medamoud d animaux africains : en voici un exemplaire de plus, 
dont le modèle avait sans doute été rapporté à titre de curiosité de quelque grande 
chasse en Nubie. 

Enfin, le chacal (n° 122), cou dresse et oreilles attentives, est assez bien campé; 
c est la meilleure gravure de la série. Il fait partie, comme les trois oiseaux qui sont 
au-dessus de lui (n os 123 , 12 à , 125 ), d’un même tableau exécuté sur un petit mon- 
tant de porte du style de Sebekemsaf. 

Ces tiois oiseaux, vers lesquels le chacal semble avancer avec toute la souplesse 
de ses reins, retiendront particulièrement notre attention : tous trois portent sur la 
tete une crête, et la queue de deux d’entre eux, spécialement celle du n° 12A, est 
assez suggestive. Malgré la maladresse du graveur, il nous semble possible d’y recon- 
naître, surtout grâce à 1 allure générale du n° 12A, un groupe de poules. L’an der- 
nier, nous avons releve un oiseau (n° Ô2) fort artistiquement campé, dans lequel, 
après réflexion, il ne nous semble pas possible d’hésiter à reconnaître un coq; et 
nous avons essaye de rassembler les raisons qui pouvaient plaider en faveur de la 
présence disons tout au moins de la connaissance — du coq en Egypte sous le 
Moyen Empire. Si les poules de cette nouvelle série ne sont pas belles, avouons 
pourtant quelles semblent suffisamment caractérisées par leur crête, leur queue, 
leur bec, et leurs pattes, pour corroborer d’une manière inattendue, et d’ailleurs 
heuieuse, 1 hypothèse qu on apporta a Medamoud, peut-être comme présent au dieu, 
quelques-uns de ces précieux oiseaux d’Asie. En tout cas, pour rares quelles fussent, 
Maître Renaid, des ce temps-la, semble avoir aime les poules. . . Ln dernier oiseau 
(n° 126) a été relevé par nous sur le bloc 33 ; mais celui-là, du moins, ne nous inté- 
resse plus. 

Paimi les graffiti anterieurs au temple actuel, il en est deux autres, fort intéres- 
sants, qui îe montent au Nouvel Empire. Voici d abord, gravée sur un bloc de grès 
(inventaire M. 5898) provenant, selon toute vraisemblance, d’un monument élevé 
par Amenophis IV, une courte inscription donnant une partie du cartouche de la 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 65 

reine Nefertiti suivi de la formule n b' l y z l «vivante à jamais v (n os 129 et 


2 9 bis , pl. XXII). 


Le cartouche entier serait à restituer : 







( *?• 1 î 1 t îTÎ 

amm 

qviniiüjidl 

'rfîîîînJbid 
v! ÎÜÎÎIm J J 


Q 

© r 

nu 

tri 

ë. 

Les différentes orthographes relevées pour le nom de la 
reine Nefertili par M. H. Gauthier dans son Livre des Rois^ 
sont les suivantes : 

Cette reine porta tout d’abord le nom plus simple de 

(MT bT j’ Çn i l » N f r Wy> et c’est 

au moment de la révolution religieuse d’Amenopbis IV 
qu’on y adjoignit la mention vfrw ytn, qui se 

traduit : «-Belle la beauté du Disque «. 

Le graffito est exécuté assez grossièrement, et d’ailleurs 
légèrement de travers, en raclant le grès avec une lame; 
comme d’autre part une partie du nom royal existe seule sur la pierre M. 5898, on 
est sûr que ce graffito a été gravé alors que le monument d’Aménophis IV était encore 
intact. Quel mobile poussa un scribe à écrire ainsi le nom de Nefertiti? Faut-il y 
voii une marque touchante de la popularité de cette reine que l’art de l’époque nous 
montre toujours aux côtés de son époux? 

L’autre graffito du Nouvel Empire (n° 1 3 o , pl. XXII), finement sculpté en relief, au 
ciseau, sut une pierre calcaire remployée par les Coptes (inventaire M. BG^qô) repré- 
sente la tete et le buste dune reine : devant elle son cartouche, dont, fatalement, le 
contenu a été enlevé par un éclat de la pierre. A défaut du cartouche qui, naturelle- 
ment, eut ete infiniment plus précis, quelques details de cette jolie gravure permet- 
tent d’en déterminer au moins l’époque. D’abord la coiffure de la reine, sur le front 
de laquelle surgissent, non pas un, mais deux uræi, date au plus tôt ce graffito de 
1 ère éthiopienne (XXV e dynastie). Ensuite, les deux lignes courbes qu’on remarque 
derrière la reine confirment cette attribution, car elles constituent un fragment du 
chasse-mouches que portaient comme insigne de leur majesté les reines éthiopiennes. 


* 

* * 

Le dallage de la tribune du quai avait donné l’an dernier le plus beau des graffiti 
ptolemaïques et romains de Medamoud; le taureau n° 89 (pl. XIII). Le dégagement 

II. Gauthier, Le Livre des Rois d’Egypte, II, p. 356 et secj., in Mémoires de V Institut français d’ Archéo- 
logie orientale du Caire, t. XVIII (Le Caire, 1912 ). 

Fouilles de l’Institut, t. VIII, 2. 


9 


66 RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 

complet de cette tribune pendant l’hiver 1980-1931 (fig. 1) a mis à jour de nouveaux 
graffiti contemporains du temple, dont les sujets rééditent la plupart du temps, avec 
d’intéressantes variantes, ceux qu’on y avait déjà relevés, à savoir des images de tau- 
reaux et des pieds votifs. Voici d’abord un grand taureau (n° 1 3 1) (il mesure 0 m. 
'-jo de longueur) qui fait en quelque sorte le pendant du n° 89. De facture un peu 



Fig. 1. — Médamoud, Tribune du quai : les graffiti arabes sont en A, B, C (cliché Bisson de la Roque). 


moins aisée peut-être, c’est un bon graffito : la bete s avance, la tête legerement 
baissée, la nuque et la croupe pleines de force. C’est un taureau jeune et nerveux : 
les jambes sont courtes et fines, les côtes saillantes, la panse ondule modérément sans 
pendre d’une manière disgracieuse. A côté de son taureau, 1 artiste grava une courte 
inscription écrite en démotique. 

Un autre taureau (n° 182), peut-être inachevé et d’ailleurs endommagé, a été 
relevé sur le dallage, non loin de la trace de l’obélisque qui ornait la tribune du côté 
sud. Plus petit (sa longueur est de 0 m. 3 o), il rappelle le précédent par la manière 
dont les côtes sont indiquées et l’encolure ornée de stries. 

Des images de taureau n’ont pas lieu d’étonner au seuil d’un temple où un taureau 
sacré était hébergé; mais ne semble-t-il pas tout de même que le culte de la bête de 
Montou l’a emporté dans l’esprit du populaire sur la vénération due au Seigneur du 


67 


FOUILLES DE MÉDAMOUD ( 1930 ). 

lieu, Montou lui-même, d’une manière qui frise l’idolâtrie? Ne semble-t-il pas que les 
pèlerins qui affluaient à Médamoud n’y venaient voir que la bête réputée? U11 tau- 
reau en chair et en os, qui piaffe et mugit, parle évidemment davantage aux âmes 
simples que de muettes statues. Peut-être aussi le taureau se montrait-il plus géné- 
reusement au peuple que les images divines; peut-être les grands prêtres laissaient- 
ils approcher de la bête de Montou, mais non de Montou lui-même? 

Avec les images du taureau , très nombreuses sont les empreintes de pieds gravées 
sur le dallage du débarcadère. Celles qui ont été mises à jour cette année sont plus 
curieuses que celles de l’an passé : nous n’en publierons que quelques exemples. Les 
unes sont des empreintes de pieds nus, les autres de pieds chaussés de sandales (n os 
i 33 et i 3 â). Une fois nous trouvons gravés les uns à côté des autres les pieds de 
toute une famille venue en pèlerinage : ce sont d’abord les gros pieds du père, puis 
ceux de la mère, puis les pieds de leurs deux petits enfants. Ailleurs nous voyons des 
pieds phénomènes, de six et sept doigts, disposés d’une manière décorative en forme 
d’éventail (n° i35) : nous savons bien que plus d’un être humain naquit affligé de 
doigts en surnombre, soit aux mains, soit aux pieds, mais nous aimons à croire, pour 
l’esthétique du propriétaire des pieds qui nous intéressent, que celui-ci, trop occupé 
par le souci décoratif de son œuvre, s’est simplement mépris sur le nombre de ses 
orteils. . . Tous ces pieds votifs sont tournés vers le temple, à l’exception d’une ou 
deux paires, parmi lesquelles (ô distraction!) les pieds à sept orteils. Cette orientation 
donne à penser que c’est dès leur débarquement que les pèlerins ont imprime sur la 
pierre ces gages de leur venue. 

Appartient probablement encore à la même époque, mais sans qu’on puisse 1 affir- 
mer, la rosace (n° 1 3 6 ) gravée non sans régularité parmi les taureaux et les pieds. 
Son diamètre est de 0 m. âg. 

Images de taureaux et images de pieds sont deux modes d’une même intention 
votive; mais tandis que la plupart, esprits subjectifs, gravaient leur propre empreinte, 
d’autres, plus objectifs et aussi sans doute meilleurs artistes, dédiaient au taureau dieu 
qu’ils venaient visiter sa propre effigie : quel témoignage pouvait leur rendre 1 animal 
plus favorable? 

Ceux qui savaient écrire accompagnaient leurs dessins, taureaux ou pieds, dune 
courte inscription, mentionnant leur nom et leur venue! 1 ). A l’exception d’une, rédi- 
gée en grec et commentant des pieds chaussés de sandales, toutes les inscriptions 
graffiti du quai de Médamoud sont écrites en démotique. Deux d’entre elles ont déjà 
été publiées en 1928 par M. Spiegelberg! 2 ); les autres, y compris l’inscription grecque, 
qui toutes ont été mises à jour cette année, seront spécialement étudiées par M. 1 Abbé 
Drioton dans sa prochaine publication des inscriptions du temple de Médamoud. Nous 

( 1 ) Exemple de formule : «Le beau nom de N., fils de N., qui s’est tenu ici devant le dieu». 

( 2 ) Spiegelberg, Demolica II, p. 28 ( Silzungsberichte der Bayerischen Akademie der Wissenschaften , Philo- 
sopliisch-philologische und historische Klasse zahrgang 19528. 2. Abhandlung). 


9 - 


68 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


ne pouvons donc que les mentionner ici, en renvoyant d’une manière imprécise à un 
ultérieur volume de comptes rendus. 


Les graffiti postérieurs au culte païen, que nous avons étudiés l’an dernier, se trou- 
vaient être tous (sauf un, le n° 108) d’époque copto-byzantine (iv e au vn e siècle de 

notre ère). Nous n avons aujourd hui aucun 
nouveau graffito chrétien a y ajouter. On 
nous permettra cependant, a titre de com- 
paraison, de publier un graffito copte (fig. 2) 
que nous avons recueilli de 1 autre cote du 
Nil, sur un rocher de cette Thébaïde jadis 
parsemée de deïr^ et d’h ermitages. C’est un 
personnage vêtu dune courte tunique, te- 
nant en sa dextre une palme. Les personna- 
ges des graffiti coptes la tiennent communé- 
ment, cette palme (voir pi. XVII et XVIII) • 
que signifie-t-elle? — Est-ce la palme du 
martyre? Non, car les graffiti coptes dont il 
est question datent d’une epoque postérieure 
aux persécutions, alors que le Christianisme 
était la religion officielle de 1 Empire; et 
d’autre part, dans les liturgies orientales, 
ce n’est pas une palme mais une couronne, 
ni xxoh NNiMxpTypoc, que gagnaient 
les Martyrs au prix de leur sang. C’est peut- 
être la palme de la gloire éternelle, et ces 
images où un personnage porte une croix en levant bien haut une palme peuvent 
être le symbole d’une devise telle que celle-ci : per crucem ad gloriam ! . . 

Parmi les graffiti postérieurs à l’abandon du temple, l’ensemble que nous étu- 
dierons cette année est d’époque arabe. Il est à présumer que ces graffiti arabes ne 
datent pas d’aujourd’hui, mais il nous est impossible de déterminer à quel siècle de 
l’Islam ils remontent. Ils ne sont pas non plus artistiques : ils en sont loin; mais si 
nous les omettions, il manquerait un acte à notre revue. 

Ils ne peuvent pas être beaux, vu la technique qui a servi à les exécuter; elle est 

0) Mot arabe signifiant «couvent» : Deïr-el-Bahari signifie «te couvent du Nord», Deir-el-Medineh «le 
couvent de la ville» , etc. Le rocher auquel il est fait allusion est situé au-dessus du petit ckïr de la Valiee 
des Reines. 



Fig. 2. — Graffito copte de la montagne de Tlièbes 
(2/0 env. de la grandeur naturelle). 



■■■ _ .. 

1 MpJB g kL_iSL- 




COUR 


N 


Fig. 3 . — Schéma du portique du temple (Médamoud) 
les graffiti byzantins et arabes sont répartis en a,b,c. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 69 

généralement innommable : au lieu de dessins au trait proprement gravés à laide 
d’un poinçon , comme les graffiti du Moyen Empire ou de l’époque ptolémaïque, ce 
ne sont que de grossières, — pour ne pas dire d’informes silhouettes, — obtenues 
soit en raclant le grès au couteau , soit en le martelant et en faisant éclater sa surface. 
C’est ce piquetage, à contours vaguement délimités, que nous avons indiqué schéma- 
tiquement par des hachures sur nos 

croquis n os 187 à 1Ù9 (pl. XXV). 

Les graffiti arabes de Médamoud sont 
localisés en trois endroits du temple : 

Tribune du quai, Porte de Tibère, 

Portique. 

On notera que ceux de la tribune 
(n os 137 à 1 kU) sont répartis unique- 
ment sur le pourtour de la corniche 
(voir fig. 1), et qu’il ne s’en 
trouve pas un seul sur le dal- 
lage de la plate-forme parmi 
les graffiti ptolémaïques et ro- 
mains que nous avons précé- 
demment étudiés. Les sujets représentés sur cette corniche ne sont pas nombreux : 
ce sont surtout des chameaux. Tantôt ils sont seuls, tantôt on les voit accompagnés 
de leur chamelier; celui-ci est monté sur sa bête (n° iû 3 ?) ou se contente seulement 
de la suivre et de l’exciter en trottant derrière elle (n os 1 38 et i 4 a). Le n° iô 3 
représente-t-il un cheval et son cavalier? Rien n’est moins sûr. A part les chameaux, 
on ne retrouve qu’un seul signe (n" i 3 9 ) : c’est cette croix ansée (faut-il croire quelle 
est dérivée du signe ^ ' nh de l’ancienne Égypte?) dont nous avons déjà, lan passé, 
relevé un exemple sur le portique (n° 108). Tous ces graffiti de la tribune ont été 
obtenus en défonçant la surface du grès. 

Des graffiti arabes (n° s 1 46 , 1 Û7, 1 û 9 ) sont gravés sur quelques pierres épannelées 
de la face extérieure du montant nord de la Porte de Tibère, contre laquelle autre- 
fois venait buter le haut, mur d’enceinte du sanctuaire. Ce mur en briques crues est 
actuellement mi-effondré mi-fondu, mais comme son démantèlement ne date pas 
d’hier, que dès l’époque copte on dut en remployer ailleurs les briques, la paroi 
extérieure de la porte peut avoir été mise à nu anciennement, et ses graffiti, assez 
élevés par rapport au sommet actuel du mur, peuvent remonter à plusieurs siècles (?). 
Ceux-ci sont la réédition du sujet cher aux Arabes : le chameau. Ses formes sont 
rendues sèchement, d’une manière géométrique; mais l’exécution est ici moins défec- 
tueuse, la pierre ayant été raclée et non défoncée comme sur la Tribune. Le cha- 
meau monté par son propriétaire (n° 1&7) est le graffito le moins mauvais de la 

série. 




70 


RÉMF COTTEVIEILLE-GIRAUDET. 


Siir je Portique, nous ne trouvons d’époque arabe que trois croix ansées (des n° s 
’ l 3 ’ , et i 5 , i 48 ). Le chameau quon y lit (n° 112) est sûrement plus 

an C1 en sa gravure étant identique à celle des croix copto-byzantines qui l’entourent. 

1, a laide du croquis (fig. 3 ), nous faisons la révision des graffiti du Portique 
nous trouvons : en a) l’entrelacs byzantin n° 107, l’étoile et la croix grecque n“ 110 
et 111, le chameau copte n» 112 et la croix ansée arabe n» i45; en b) une croix 
grecque, de basse époque sans doute, piquetée (n» 109), et la croix ansée arabe 

n 108; en c) une croix ansée arabe (n- i 48 ) et, à sa gauche, quelque chose d’indis- 
tinct. 1 



Fig. b. - Chameau chargé et croix ansée, graffiti bédouins de l’Ouadi Gidami, sur grès jaune (Désert Arabique) 

7/10 environ de la grandeur naturelle. 

Par quels auteurs ces mauvaises gravures ont-elles été faites? Serait-ce par les 
Arabes sédentaires des villages, par les fellahinl — On ne les a jamais vus en exé- 
cuter. Serait-ce par les Nomades, les Bédouins? — Uniquement. Et la preuve, c’est 
quen s’enfonçant dans les ouadis des déserts, loin, très loin, en des régions où le 
lellab nose aller parce quelles sont peuplées dtyrfoW, on retrouve les mêmes 
gravures sur les parois rocheuses. Celles que nous publions à titre de comparaison 
( ig. U) ont été rapportées par M. de la Roque de son voyage au Mont Shaïb, lequel, 
non loin de la mer Rouge, domine la chaîne arabique; elles proviennent de l’Ouadi 

Ces graffiti bédouins, trop semblables et trop laids pour être des essais artistiques, 
ont-ils une destination utilitaire? On serait tenté de le croire : quel souci de l’art les 
edoums ont-ils? Faut-il y voir des marques de tribus, ou plus simplement des mar- 
ques de passage, l’indication d’un point de stationnement? On ne les trouve gravés 


; ' 1 ' Génies malfaisants. 


71 


quel ait pas la duection suivie par la caravane? Ce n’est t m ,mf™ » 
supposition. 11 est toutefois qu une 


INDICES (suite). 


INDEX I («te) i». 

REFERENCE DES GRAFFITI DD MOVEN EMPIRE 

«X BLOCS CALCAIRES SCR LESQUELS ILS SONT GRAVÉS 


NUMÉROS DES 
GRAFFITI. 


113 

114 

115 
116, 

117. 

118. 

119. 

120 . 
121 . 
122 . 

123. 

124. 

125. 
126. , 
127. . 
128. . 


(,) Voir p. fiij et, 6o. 


SUJETS REPRÉSENTÉS 
(PL. XX ET XXI ). 


• gazelle 

* gazelle 
barque 

? 

gazelle 
gazelle 
gazelle . 
gazelle . 
girafe 
chacal 
poulet 
poulet 
poulet 
oiseau indéterminé 
végétal 

9 


N°* D’INVENTAIRE 
DES BLOCS DU 
MOYEN EMPIRE 

(chiffres rouges). 

B. 5 
B. 5 
B. 5 
B. 5 
B. 5 
B. 5 

M. 3 1 5 9 ter 

B. 93 
B. 39 

j petit montant de porte 
j de Sebekemsaf 
f (magasin de Médamoud.) 

B. 33 
B. 16 
B. , 6 


Fouilles de l’Institut, t. VIII, a 


10 


74 


RÉMY COTTE VIEILLE-GIRAUD ET. 


INDEX II (mùe)W. 

RÉPARTITION DES GRAFFITI DU MOYEN EMPIRE 

PAR BLOCS CALCAIRES. 


NUMÉROS DES BLOGS. 

SUJETS REPRÉSENTÉS. 

NOMBRE 

QUADRUPÈDES. 

OISEAUX. 

VÉGÉTAUX. 

OBJETS. 

DE GRAFFITI 

PAR BLOC. 

B. 5 

n 05 1 1 3 , 1 t 4 , 

117, ll8 



1 1 5 , 116 

6 

B. 16 


1 27 

B. 23 



128 

2 

B. 32 





1 

B. 33 





3 

M. 3152 ter 

1 1 9 

1 Î 4 u 



1 

Petit montant de porte de Se- 
bekemsaf 

12 3 , 12 4 , 125 



1 





4 

Nombre de grafïiti 
par sujet : 

_ 

8 

tx 

1 

3 

16 


(1) Voir p. Ci. 


CORRIGENDUM. 


En examinant uoe nouvelle fois les estampages que nous fîmes du coq grafîito n° 42 , planche 

VIH, nous constatons à regret que nous avons omis sur notre dessin 
n° 42 ce qui caractérise précisément cet oiseau : sa crête. Quoique 
gravée d'une maniéré ténue sur la pierre , elle existe . Nous reproduisons 
ci-contre le dessin corrigé, qui ne laisse plus aucun doute sur l'iden- 
tité de l'oiseau. Notre commentaire, en haut de la page 4s, est en 
conséquence à modifier lui-même comme il suit : vil faut faire ab- 
straction de l appendice qii il porte sur la tête : ce n'est qu'un coup de burin 
malheureux , alors que l'artiste esquissait la crête r. 



FOUILLES DE MÉDAMOUD ( 1930 ). 


75 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


N. B. Les noms propres sont écrits en petites capitales et les noms de lieux en italiques. Les chiffres renvoient 
aux pages. 


A 

Abydos, 3 o, 3i. 

Abyssinie , 6. 

Achmounein, 8, note 2. 

Acide carbonique, 4 . 

Actiuvn (bataille d ’ ), 32. 

Afrits, 70. 

Albâtre, 28. 

Alcali, 4. 

Alexandrie, 1, note; 3i, 32. 

Alumine, 3 , 8; Sulfate d’alumine cobal tifère, 
6, 8. 

Amenemiiat-Sebekhotep, 3 5 . 

Amenophis, 37; Amenophis IV, 4g, G4, 65 . 
Amon (Image énigmatique d’Amon, Trône ma- 
gique d’Amon), 52 , 53, 55. 

Anses, 1 5 . 

Antilope : voir gazelle. 

Arabique (Désert -), 70. 

Arbre (graffito), 45. 

Arséniate de cobalt et nickel aurifère, 6. 
Assiette en verre, i4. 

Assiout, 9. 

Aton, 65 . 

Autruche, 43 , 44 , 45, 60. 

r> 

Bab el-Nasr (Ancien Caire) (Verrerie de A, 

3 2. 

Babylone (Mésopotamie), 42. 
bateau, 53 , 63 . 

Bau (déesse sumérienne), 42 . 

Beadnell, 6, note 1. 

Bédouins (et graffiti bédouins), 70. 

Beni-Hassan (et sa verrerie), 5 , 8 , 1 9 , 2 1 , 43. 
Bersheh (El ), 45 . 


bicarbonate de soude, 3. 

Bisson de La Roque, 35, 4.7, 52, 70. 
blocs remployés, 35 . 
bœufs sauvages, 45. 
bols en verre, 10, 28. 
bouteilles, i5. 

bracelets de verre : anciens, 21, 22, 23; 

des Arabes modernes, 23. 

c 

Canard, 43 , 45 , 5o, 60. 
capridés, 63 . 

carales, carafons, i 5 ; carafons carrés, i5, 16, 
17, 18. 

carbonate de soude, 3. 

Carter (Howard), 42 , 43. 
cendres végétales (verrerie), 3. 
céramique : ses rapports avec la verrerie, 28, 
29, 00, 3 1 . 
chacal, 63 , 64 . 
chaldéo- as syrien , 26. 
chameau, 54 , 6g, 70, 71. 

ClIAMPOLLION, 43 . 
chasse sur l’eau, 4o, 4i . 
chaux, 2. 
cheval, 53 , 69. 

Clemm, 7, 8. 

Clere (J.-J.), 36 , 4 o , 4 J, 46 . 
cobalt, 5 , 02; gisements de cobalt, 6; oxyde et 
oxydule, 5,7; verre bleu au cobalt, 6,6,7, 
8,28. 

Colorants du verre — oxydes métalliques, 4, 
27, 33 ; oxyde de fer, 4 , 8, note 2, 32; 
protoxyde de fer, 5 ; oxydes de cuivre, 5 , 26, 
27, 32 ; oxyde de cobalt, 5 et seq. 
compotiers en verre, i 3 , i 4 . 


76 


RÉMY COTTE V1EILLE-GIRAUDET. 


Congo belge : gisements de cobalt, 6 . 

Contenait (D r ), 26. 

Coptes, 65; céramique copte, 29 , 3o. 
coq : voir gallinacés, 
cornels de verre, 20 . 

coupes a boire , 1 1 , 1 2 , 1 3 , 2 8 ; coupes basses , 
a pied, coupes plates, coupes plates a pied, 
12 , i3. 

croix : ansée, 38, 54, 69 , 70 ; grecque, 54, 
70 . 

cruche (graffito), 46. 

cuivre, 27 ; oxyde rouge de cuivre, 5; bioxyde 
de cuivre , 5. Voir : colorants du verre. 

D 

Dakhla (Oasis de ), 6 , 8 . 

dalmalique byzantine, 53. 
damier (graffito), 46, 48. 
danseuse (graffito), 5o. 

Daressy, 52. 

Darfour , 9 . 

Débarcadère du temple de Médamoud : voir 
Tribune. 

Deïr el-Médineh, 48. 
démotique, 66 , 67 . 

Deville (A.), 33. 

Drioton (E.), 62 , 67 . 

E 

Edgar, 1 , note; 33. 
empreintes de pieds (graffiti), 48. 
engravure du verre, 2 5. 
entrave (graffito), 46. 
entrelacs (graffiti), 46, 54, 70 . 

Eihiopie, Ethiopiens : verriers éthiopiens, 6 ; 
graffito d’une reine éthiopienne, 65; voir 
Koush. 

étoile, 46, 54, 70 . 

Etrurie, 5. 

Euphrate , 43. 
éventail, 65. 

F 

Faucon, 43 , 44, 60 . 

Fayoum , 1 , note; 2 , note; 8 , note 2 ; 11 , 20 . 


félin, 64. 

Fellahin, 70 . 

1er : oxyde de fer, 3; peroxyde, 5, 27 ; silicate 
de fer, 3. 

Ferlini, 6. 

fioles à col allongé , 19 , 27 . 

(laçons, i5. 

flûte : double, 5o; flûte simple, 53. 

Frémy : voir Pelouze et Frémy. 

G 

Gallinacés, 4 1 , 42, 43, 55 , 60 , 64, 74 . 

gallo-romaine (verrerie ), 5 , i 5 . 

Gauthier (H.), 65. 

gazelles, 39 , 4o, 45, 69 , 64; gazelle m’-hz, 
4o; gazelle zb-nw , 4o. 

Gidami ( Ouadi ) (désert arabique), 70 . 

girafe (graffito), 63, 64. 

Glotz (G.), 42 , note 3. 

Goudéa, 42. 

goulots de carafons, i 5 , 28 , 29 . 

Gournah, 18 , 29 . 

graffiti, 35, 55, 56; leur place dans l’art, 55, 
56; graffiti : préhistoriques, 56; du Moyen 
Empire, 35 4 47 , 63; du Nouvel Empire, 
64, 65; ptolémaïques, 47 à 53, 65 etseq. , 
69 ; romains, 49 , 5o; hellénistiques, 5o; 
coptes et byzantins, 53, 54, 68 , 70 ; arabes, 
54, 68 et seq. 

Grande Grèce (verrerie de la ), 5. 

Grèce , Grec , 32, 42, 67 . 

H 

Héraut (du temple), 38, 46. 
héron, 45. 

hiéroglyphes (graffiti), 45, 46, 60 . 
hippopotames, 38, 39 , 4o, 4i, 45, 5 9 . 

Horus, 44. 

Hyksos, 36, 37 . 

I 

Image énigmatique d’Amon, 52, 53, 55. 
inscriptions graffiti, 46, 47 , 60 . 
irisation du verre, 4 . 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1930). 


77 


J 

Jeun, 7 . 

Jéquier (G.), 44, 45, note, 
joaillerie : la joaillerie, origine de la verrerie, 
26 , 32. 

K 

karnak , 8 , 48, 52. 

Keimer, 42, note 2 . 

Khargeh (oasis de ), 6 , 8 . 

kôm, 54. 

Kom Ouchim (et sa verrerie), 2 , note; 10 , 11 , 
20 , 21 , 23. 

Koush , 39 ; voir Ethiopie . 

L 

Lampes en verre , 20 , 21 . 
lapis-lazuli, 26 . 

Legrain, 52. 

Lepsius, 6 , note 2 ; 7 , note 1 ; 33. 

Libyen , 39 . 

lingots de verre, 24, 25. 
lion, 38, 3g, 4i, 45, 5 1 , 53, 5g. 
lotus (graffito), 45. 

Lucas, 3, note 2 ; 5, 33. 
lustre, 20 . 

M 

Magnésie, 3. 

mammifères (graffiti), 39 , 4o, 4i, 59 , 63. 
manganèse : peroxyde de manganèse, 4, 5, 27 ; 

sesquioxyde 4, note, 
mastaba, 4o. 

médecine alexandrine, 21 . 

Méroé, 6 . 

Mer Rouge , 70 . 

Mes, nom dans un cartouche, 46, 47 . 
Mésopotamie , 26 , 42 . 
monogramme du Christ, 53 . 

Montou, 36, 37 , 38, 3q, 48, 66 , 67 , 71 . 
Moon (F. W.), 6 , note 2 . 

Moret (A.), 42, note 3. 
moulage du verre, 10 , 24 , 25 , 27 . 


Moyen Empire, 64, 69 ; voir graffiti. 

Murano, 5, 32. 

Musées : Musée du Louvre, 17 , 20 ; de Saint- 
Germain, 17 ; du Caire, 1 , 2 , 10 , 12 , i 4 , 
i5, 16 , 17 , 18 , 19 , 22 , 27 , 28 , 3o, 3i, 
33; de Berlin, 6 , 7 ; musée d’Éthnographie 
du Caire, 22 . 

musicien, 5o (graffito hellénistique). 

N 

Nagadien (âge ), 63. 

natron, 3. 

Nefertiti, femme d’Aménophis IV, 65. 

Neherisakhnoumhotep (tombe de à Beni- 

Hassan), 43. 

Newberry, 43, 45, note, 
nickel, 6 . 

Nil, 43. 

Nouvel Empire, 64 et seq. 

Nubie ,64; Nubien , 39 . 

Nymphæa, 29 . 

O 

Oasis : Grandes Oasis, 8 . 

Octave, 32. 

oiseaux (graffiti), 36, Ai, 43, 45, 5g, 64. 
opacité du verre, 26 , 27 . 
orientation des pieds votifs, 67 . 

Ouadi Gidami, 70 . 

Ouadi Natron , 3 . 

P 

Pachydermes (graffiti), 4o, 4i à 45 . 
pagne, 38, 3g. 

palme : tenue par les personnages des graffiti 
coptes, 53, 68 . 

parcs de chasse (au Moyen Empire), 45 . 

parfum (vase à ), i 5 , 19 . 

Parodi, 3, note 1 ; 7 , 8 , 26 ; 27 , note 1 ; 33 . 
Pasteurs : voir Hyksos. 

pâte de verre : filets en pâte de verre, 21 , 25 , 
28 . 

Pelouze et Frémy, 33 . 

Perse, 26 , 42; le cobalt en Perse, 6 ; verrerie 


78 


RÉMY COTTEVIEILLE-GIR AUDET. 


égyptienne d époque perse, 5 , G, 8, 17, 19, 
32 . 

personnages (graffiti), 38 , 3 9 , 48 , 5 o, 53 , 
09, 63 ; personnages copies tenant une 
palme, 53 , 68. 

Pétrie (Flinders), 33. 

Phéniciens, 26. 
pichets en verre, 2 5. 

pieds : de bols, 10; de verres à pied, 10, 1 1; 
de coupes, 12, i 3 . — Pieds graffiti, 48 , 
66, 67 (pieds votifs), 
piège, 64 . 
pigeon, 45 . 
plateau en verre, i4. 

Pline, 26. 

portique : du temple de Médamoud, 69, 71. 
potasse, 3 . 

poules, 64 ; poulet : voir gallinacés, 
prisonnier, 38 , 3 9 ; prisonnier nègre, 3 g. 
puits (graffiti du de Médamoud), 5o. 

Q 

Quadrupèdes (graffiti), 3 9 , 4o, 4i, 5g. 
quai : du temple de Médamoud : voir Tribune. 

R 

Ramsès IV, 8. 

raviers en verre, 1 4 , i5. 

Robichon (C.), 63 , note, 
roi (graffiti), 38 , 3 9 . 

Rome, 32 . 
rosace, 67. 

S 

Sable : employé en verrerie, 3. 

Saint-Jean (île de , dans la Mer Rouge), 6. 

sandales, 67. 
saphyr, 5,6. 

savon des verriers (oxyde de manganèse), 4, 
note. 

sceptre : le sceptre w’s, 38 . 
scories de cuivre, 6. 

Sebekemsaf, 35 , 36 , 3 7 , 46 , 6o, 64 , 7 3. 


Sebekhotef III, 35 , 46 , 6o. 
sébiles en verre , i 4 , i 5 . 

Senhotep (héraut du dieu Monlou), 46 . 
Sésostris III, 35 , 36 , 37, 46 , 47, 60. 
Sésostris IV, 46 . 

Setiie, 42 . 

Shaib ou Shayeh (Mont , chaîne arabique), 

70. 

Siclon, 26. 

silicates entrant dans la composition du verre, 

2,3,27. 
silice, 3 . 

Sinaï, 6. 

Slade (collection ), 3o. 

Smith (Sidney), 42 , note 2. 
soude, 2, 3 ; carbonate, bicarbonate, chlorure, 
sulfate de soude, 3. 
soudure (verrerie), 24. 
sou filage du verre, 19, 23, 24, 26, 27, 32. 
soufre, 8, note 2. 

Spiegelberg, 67. 

sulfate d alumine cobaltifère, 6, 8. 

Sumériens, 26, 42. 

Syrie, 26, 32, 42. 

T 

Table d offrandes, 38 , 3q. 

taureaux : 38 , 3 9 , 48 , 55 , 5 9 , 66, 67. 

Tell el-Amarna, 5 , 8, 26. 

têtes (graffiti), 38 , 3g, 4g, 5o, 5g. 

Thouéris (déesse), 3 9 . 

Thoutmès, 87; Thoutmès III, 42 . 

Thoutmès IV, 8. 

1 ibère, 32; porte de Tibère (Médamoud), 
69. 

Toutankhamon, 27, note 2. 

Trajaiy, 48 , 4 9 . 
transparence du verre, 26, 27. 

Iiibune du débarcadère (Médamoud) : nombreux 
graffiti, 48 , 63 , 66, 67, 69, 70, 71. 
trône magique d’Amon, 52 , 53 ; voir Amon. 
Trowbridge (M.L.), 33. 

Tyr, 26. 

U 

Uræus, 38 , 65 . 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1 930 ). 


V 

Vaisselle en verre, i4. 

Vallée des Reines, 68. 

Vallée des Rois, 42 . 
vases, i5. 

végétaux (graffiti de ), 45, 60. 

veilleuses en verre, 20. 

Vénitiens, 5 . 

verre : composition, 2; 3, note 1; 27, 33; fa- 
brication, 2 à 9, 23 , 33 ; verre commun, 
verre fin, 2; verre de couleur, 2, 25 : verre 
vert-jaune, 4 , 5 , 21; verre vert foncé, 5 ; 
verre bleu clair, 5 ; bleu foncé, 5 , 26, 27, 
28, 33 ; vert bleu-vert, 5 ; verre violacé, 5 , 
25 . Voi r verrerie, 
verres à pied, 10, 11, 28, 29. 
verrerie : origine de la verrerie, 25 à 32; ver- 


rerie pharaonique, 25 , 26, 27, 3i, 33; 
verrerie gallo-romaine, 5 , 1 5 . 
ville : hiéroglyphe de la ville (graffilo), 46 . 
vitraux, 5. 

vitrification, 26, 27. 

w 

WaI N WRIGHT, 52. 

Y 

Yeux (graffiti), 46 . 

Z 

Zoser ( roi , IIP dyn.), 26. 


TABLE DES MATIÈRES. 


Avertissement 


PREMIÈRE PARTIE 

La verrerie alexAlYdrine de Médamoud 

Livres à consulter . 

DEUXIÈME PARTIE 

Les graffiti du temple de Médamoud 

Indices 

Les graffiti du temple de Médamoud (Supplément. — Année ig3i) 
Indices (suite) 

CoRRIGENDUM 

Iable ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 


Pages. 

VII 


33 


5 9 

63 

7 3 

7 4 

7 5 


PLANCHES HORS TEXTE. 


i. 

il 

ni. 

IV. 

v. 

VI. 

VII. - 

VIII. 

IX. 

X. 

XI. 

XII. - 

XIII. - 

XIV. - 

XV. - 

XVI. - 

XVII. - 
XVIII. - 

XIX. 

XX. - 

XXI. 

XXII. 
XXIII. 

XXIV. 

XXV. 


- Graffiti du Moyen Empire : Personnages et tètes de personnages. 

_ — — Personnages et têtes de personnages. 

— — Taureaux et gazelles. 

— — Gazelles. 

— — Hippopotames. 

— — Hippopotames et gazelles. 

— — Lions. 

— — Coq, faucons, autruches. 

— — Canards, oiseaux indéterminés; arbre, lotus. 

— — Objets divers; hiéroglyphes. 

— — Cartouches et inscriptions. 

- Graffiti ptolémaïques ou romains : Pieds votifs; personnages. 

— — — Taureaux. 

— — — Têtes de personnages. 

- Graffiti ptolémaïques de style hellénistique : Scène de danse. 

- Graffito ptolémaïque ou romain : Trône magique d’Amon. 

- Graffiti copto-byzanlins : Personnages; voilier. 

_ — — Personnages. 

- — — Entrelacs; croix; chameau. 

- Graffiti du Moyen Empire : Bateau et gazelles. 

_ — — Gazelles, girafe, chacal, oiseaux (poules). 

Graffiti du Nouvel Empire : Cartouche de Neferliti; — Reine éthiopienne. 

- Graffiti ptolémaïques ou romains : Taureaux. 

_ — — — Pieds votifs; rosace. 

- Graffiti arabes (bédouins) : chameaux et croix ansées. 




DE l’Institüt français du Caire, t. VIII. — Mêdamoud (1930). 



1 



8 


Graffiti du Moyen Empire. (Tous les graffiti du 


Moyen Empire sont réduits de 1/3). 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. II. 



Graffiti du Moyen Empire. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. III. 






k 






Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. IV. 




Graffiti du Moyen Empire. 


ifiÛt 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Mêdamoud (1930) 



38 

Graffiti du Moyen Empire. (Pour les n°s 35 et 36, voir pl. VI). 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. VI. 



Graffiti du Moyen Empire. 


» 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. VII. 



r 

Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Mèdamoud (1930). Pl. VIII. 








1 QUILLES DE L INSTITUT FRANÇAIS DU CAIRE, T. VIII. — MÉDAMOUD (1930). 



Graffiti du Moyen Empire. (Pour le n° 62, voir pl. V, no 39). 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 



Graffiti du Moyen Empire. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Mèdamoud (1930). 


Pl. XI. 



Graffiti du Moyen Empire. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. XII. 



Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


PL XIII. 


! 



89 



Graffiti ptolémaïques ou romains. 


Fouilles de l Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). PL XIV. 



92 



1 





Graffiti ptolémaïques de style hellénistique. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). PI. XVI, 





Ü 

1 



Graffito ptolémaïque ou romain : image magique d’Amon. 





Graffiti copto-byzantins. 



Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


PI. XVIII. 



Graffiti copto -byzantins. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


PI. XIX. 



Graffiti copto-byzantins. Le n° 108 est arabe. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. 


Médamoud (1930). 


Pl. XX. 



Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. XXI. 


« 

' 

! 



Graffiti du Moyen Empire (grandeur naturelle). 


^00 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Mèdamoud (1930). 


Pl. XXII. 



Graffiti du Nouvel Empire (les n os 1 29 bis et 130 sont grandeur naturelle). 


$£• 1 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Mêdamoud (1930). 


Pl. XXIII. 




Graffiti ptolémaïques ou romains 

(le no 13 1 est réduit au cinquième de sa grandeur réelle; le n° 132 est réduit de moitié). 




Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIII. — Médamoud (1930). 


Pl. XXIV. 





Graffiti ptolémaïques ou romains. 



Graffiti arabes ( les n os 137 à 140 inclusivement forment une même scène). Réd. 1/2. 


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EN VENTE : 

AU CAIRE : chez les principaux libraires et à 1 Institut français d Archéologie 

3 7 , Shareli El-Mounira. , . f 

A ALEXANDRIE : à la Librairie J. Hazan, ancienne librairie L. Schuler, 

Pacha, n° 6. 

A PARIS : à la Librairie orientaliste Paul Geuthner , i3 , rue Jacob; 

_ chez Fontemoing et C ie , E. de Boccard , successeur, i , rue de Médicis. 

A LEIPZIG : chez Otto Harrassowitz.